NOUVELLES

Après sept mois, les «indignés» lèvent leur campement de Saint-Jean, T.-N.-L.

16/05/2012 03:34 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - Tout était paisible sur les berges de Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, mercredi, après que les «indignés» du mouvement «Occupy NL» aient plié bagages, laissant derrière eux peu de vestiges de leur campement qui aura tenu pendant sept mois.

Il s'agissait d'un des derniers campements permanents d'indignés en Amérique du Nord. Les autorités de la plupart des grandes villes, comme Montréal, Vancouver et Toronto, avaient déjà fait démanteler les autres sites du genre.

Le maire de Saint-Jean, Dennis O'Keefe, avait permis à un petit groupe de maintenir en place quelques tentes pendant tout l'hiver. Mais il a finalement demandé aux campeurs de dégager les lieux et de tout nettoyer avant minuit mardi, ou ils devraient faire face aux employés municipaux responsables de l'entretien des parcs, mercredi matin.

Le leader du mouvement «Occupy NL», Thomas Clark, a déclaré que les manifestants ont nettoyé avant la date butoir afin de souligner qu'il s'agit d'un mouvement pacifique et inclusif, qui est là pour rester.

M. Clark a confié que les membres du mouvement avaient décidé d'un commun accord que c'était le bon geste à poser.

Mercredi matin, quelques supporteurs du mouvement se sont réunis, vers 8 h, à Harbourside Park, au centre-ville. Le populaire lieu de rassemblement bordé de rhododendrons en fleurs avait déjà retrouvé son état initial. Seules quelques pancartes sont encore visibles.

Le mouvement Occupy est plus qu'un simple campement à Harbourside Park, selon M. Clark. «Nous avons démantelé le campement selon nos propres termes plutôt que de provoquer un chahut avec la ville. Nous croyons que cela aidera davantage notre cause.»

Le mouvement Occupy de Terre-Neuve-et-Labrador veut que les gens de tous les horizons se sentent bienvenus et puissent joindre les futures réunions. «Il est dommage que nous ne puissions pas rester (dans le parc), mais ce que nous nous apprêtons à réaliser demeurera ici pour toujours. On ne peut pas expulser une idée», a déclaré M. Clark.

Mark Brown est un manifestant qui a visité de temps à autre le campement depuis que les tentes ont été installées, le 15 octobre 2011, lorsque les mouvements de protestation contre la cupidité des entreprises et la corruption politique a fait rage à travers le continent. «On doit au moins reconnaître lorsque d'autres groupes et d'autres personnes font réellement des efforts pour bâtir un monde meilleur», a dit M. Brown.

«Je crois vraiment que les actions sont plus éloquentes que les paroles. Simplement en venant ici, en créant un espace, en étant ouverts d'esprit et prêts à partager, les gens qui étaient impliqués dès le départ, qui avaient chacun leurs propres difficultés et qui ont dû tout mettre en place, ces gens-là méritent de la gratitude», a-t-il ajouté.

La maire O'Keefe a offert aux manifestants un espace à l'hôtel de ville pour leurs rencontres, mais a convenu qu'il était maintenant temps de préparer Harbourside Park pour les activités estivales.

Les employés de la ville sont arrivés vers 8 h 30 mercredi à l'endroit où était situé le campement. Au lieu d'y avoir confrontation, ils ont paisiblement discuté avec les partisans du mouvement.

PLUS:pc