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Syrie: une bombe explose au passage du convoi des observateurs de l'ONU

15/05/2012 05:47 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Une bombe placée en bordure de route a explosé mardi au passage d'un convoi d'observateurs de l'ONU dans le nord de la Syrie, quelques minutes après que les forces syriennes eurent ouvert le feu durant une procession funèbre dans la même ville, tuant jusqu'à 20 personnes.

La mission d'observation de l'ONU en Syrie a confirmé que ses véhicules avaient été visés par une bombe peu après une rencontre entre les observateurs et des rebelles. L'attentat n'a pas fait de victime, mais il a été filmé par des militants.

On ne sait pas très bien à quel point les observateurs étaient proches du lieu des funérailles, mais si elle est confirmée, cette attaque des forces du régime contre des civils directement devant les observateurs pourrait mettre ceux-ci sous pression et les forcer à décrire publiquement ce qu'ils voient en Syrie. Les observateurs se rapportent directement à l'ONU et ne publient pas les rapports de leurs observations sur le terrain.

Les incidents sont survenus dans la localité de Khan Sheikhoun, dans le nord du pays. C'est la deuxième fois que les observateurs de l'ONU sont directement touchés par les violences en Syrie.

La semaine dernière, une bombe placée en bordure de route dans le sud du pays a touché un camion militaire quelques secondes seulement après le passage d'un convoi dans lequel se trouvait le chef de la mission d'observation.

Des militants syriens ont diffusé sur Internet une vidéo de l'attaque de mardi.

«Le devant d'une voiture de l'ONU a été directement touché», a déclaré à l'Associated Press le militant Fadi al-Yassin, qui a été témoin de l'attaque.

«Tout le monde s'est mis à courir dans la panique, mais les observateurs sont restés dans la voiture. Les gens ont tenté de leur parler mais ils n'ont même pas ouvert leurs fenêtres.»

Quelques minutes plus tôt, les forces syriennes avaient ouvert le feu lors d'une procession funèbre dans la même localité, ont rapporté des militants. M. Al-Yassin et l'Observatoire syrien des droits de l'homme ont déclaré que jusqu'à 20 personnes avaient été tuées et que plusieurs autres avaient été blessées. Il n'a pas été possible de confirmer le bilan de source indépendante.

«C'est un vrai massacre et il s'est produit en présence des observateurs de l'ONU», a dénoncé le directeur de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman. Il a appelé à une enquête internationale et a demandé aux observateurs de s'exprimer publiquement sur ce qu'ils voient en Syrie.

Une vidéo diffusée sur Internet semble montrer le moment précis où le véhicule de l'ONU a été touché. On y voit des gens se rassembler autour de deux véhicules blancs avec l'inscription «U.N.» (United Nations), tandis que deux autres véhicules semblables sont garés à quelques mètres derrière. Des sandales apparemment abandonnées par les participants aux funérailles qui se sont enfuis pour échapper aux tirs sont éparpillées au sol.

L'explosion s'est produite devant le premier véhicule et a créé un important nuage de fumée, poussant les gens présents à courir pour se mettre à l'abri. On voit ensuite les quatre véhicules repartir lentement.

Ahmad Fawzi, porte-parole de Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, a confirmé que les observateurs s'étaient retrouvés pris dans les violences après leur rencontre avec des rebelles de l'Armée syrienne libre. Trois véhicules de l'ONU ont été endommagés, mais aucun observateur n'a été blessé, selon M. Fawzi.

Un porte-parole des Nations unies, Hassan Seklawi, a indiqué mardi que 211 observateurs de l'ONU étaient présentement déployés en Syrie, de même que 66 employés civils de l'ONU travaillant pour le compte de la mission d'observation. Des observateurs sont présents dans les grandes villes comme Alep, Hama, Homs, Idlib, Deir el-Zour et Daraa, a-t-il précisé.

L'Observatoire et les Comités locaux de coordination ont par ailleurs affirmé que des tirs des forces gouvernementales à Deir el-Zour, près de la frontière avec l'Irak, avaient tué au moins trois personnes mardi. La ville de Rastan, dans le centre du pays, est soumise à d'intenses tirs d'artillerie des forces du régime, ont-ils aussi rapporté.

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