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Syrie: un convoi de l'ONU visé par une attaque du régime, selon l'opposition

15/05/2012 02:18 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

Un convoi d'observateurs de l'ONU a été visé mardi, selon l'opposition syrienne, par une attaque du régime dans le nord de la Syrie où les forces gouvernementales ont perpétré un "massacre" lors de funérailles, d'après une ONG.

Alors que la révolte contre le régime de Bachar al-Assad entre dans son 15e mois, la répression ne montre aucun signe de répit et les combats entre forces régulières et déserteurs se multiplient.

Les Etats-Unis se sont dits "profondément inquiets de l'escalade de la violence", tandis que le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, exhortait Damas à autoriser sans plus tarder l'ONU à porter secours à plus d'un million de Syriens dans le besoin.

"Le régime syrien a commis un massacre mardi durant une visite des observateurs de l'ONU à Khan Cheikhoun", dans la province d'Idleb (nord-ouest), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon cette ONG, qui a demandé l'ouverture "urgente" d'une enquête, 20 personnes ont été abattues par les forces du régime alors qu'elles participaient aux funérailles d'un homme tué la veille.

D'après des militants, un convoi d'observateurs formé de quatre véhicules a également été la cible d'une attaque dans cette même ville et une des voitures a été visée par un obus, ce qui les a contraints à quitter rapidement la ville.

Une vidéo postée par des militants sur internet montre un convoi de l'ONU entouré par des dizaines de personnes, on entend ensuite le bruit d'une explosion, tandis que de la fumée apparaît devant l'un des véhicules qui quitte précipitamment les lieux malgré son capot endommagé.

Un porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL), le commandant Sami al-Kurdi, a indiqué à l'AFP que les observateurs s'étaient rendus aux funérailles, ce qui avait encouragé les habitants à s'y joindre en nombre.

"En dépit de cela, le régime a osé attaqué les funérailles et a tiré sur les véhicules des observateurs à partir d'un barrage de contrôle", a dit cet officier.

A New York, le porte-parole de l'ONU a confirmé que le convoi avait été visé par une attaque, parlant lui d'une bombe artisanale. L'explosion a endommagé trois véhicules de la mission des Nations unies mais aucun membre du personnel de l'ONU n'a été blessé, a précisé Martin Nesirky.

L'ONU s'efforce pour le moment "d'établir les circonstances" de cette attaque, que l'ONU ne peut que "condamner".

Il s'agit du deuxième incident grave impliquant des observateurs de l'ONU, dont plus de 200 se trouvent en Syrie. Ils sont chargés notamment de surveiller l'application d'un cessez-le-feu entré en vigueur officiellement le 12 avril mais systématiquement violé depuis.

Malgré la présence des observateurs, les violences ne faiblissent pas: 46 personnes ont été tuées mardi: 20 lors des funérailles à Khan Cheikhoun et 26 autres -- 22 civils et quatre déserteurs-- dans le reste du pays, selon l'OSDH.

Sur le plan humanitaire, Kofi Annan s'est dit "toujours très préoccupé du sort d'un million de Syriens qui ont besoin d'aide", a souligné M. Nesirky.

"Il demande instamment au gouvernement d'accepter les conditions qui permettraient un accroissement de l'aide humanitaire sans plus tarder", a-t-il ajouté.

Une équipe de Médecins sans frontières (MSF) de retour d'une mission clandestine en Syrie a accusé de son côté le régime d'arrêter les médecins et de s'attaquer aux pharmacies. "Pour moi, qu'une armée régulière pille des pharmacies, les détruise, c'est complètement inédit", a dit un chirurgien de MSF.

Sur le plan politique, le régime, qui cherchait à se donner une certaine crédibilité en organisant des législatives le 7 mai, a annoncé un taux de participation de 51,26% mais sans préciser les résultats par partis. La communauté internationale a raillé ce scrutin, de même que l'opposition qui l'a boycotté.

Dans le camp opposé, la principale coalition de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a élu Burhan Ghalioun à sa tête pour un nouveau mandat de trois mois lors d'une réunion à Rome.

Face à la crise, la communauté internationale reste impuissante, principalement en raison de ses divisions, Moscou et Pékin appuyant toujours leur allié syrien.

Le ministre français sortant des Affaires étrangères Alain Juppé a d'ailleurs jugé "probable" l'échec de la mission de M. Annan.

En 14 mois, plus de 12.000 personnes ont été tuées en Syrie, en majorité des civils abattus par les troupes gouvernementales, et quelque 25.000 sont toujours détenues, selon l'OSDH. Des dizaines de milliers de Syriens se sont en outre réfugiés dans les pays voisins.

Au Liban, où des heurts confessionnels sur fond de rivalités entre pro et anti-régime syrien ont fait neuf morts ces quatre derniers jours, le calme est revenu à Tripoli, la principale ville du Nord.

Mais un Libanais a été tué par la chute d'une roquette alors qu'il cultivait son champ en territoire syrien, dans un secteur situé près la frontière libanaise, selon l'agence officielle Ani.

bur-vl/cco

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