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Raymond Bachand en a assez des marxistes radicaux qui perturbent Montréal

15/05/2012 01:00 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le ministre des Finances, Raymond Bachand, en a assez des groupes radicaux anticapitalistes et marxistes qui cherchent à déstabiliser Montréal.

M. Bachand a dit mardi qu'il faut faire cesser les gestes d'intimidation de ces groupes.

«Assez, c'est assez», a lancé le ministre responsable de la région montréalaise lors d'un bref point de presse, ajoutant qu'il «faut que ça arrête».

«Il y a des groupes radicaux qui systématiquement veulent déstabiliser l'économie de Montréal. Ce sont des groupes anticapitalistes, marxistes, ça n'a rien à voir avec les frais de scolarité.»

Au lendemain de la démission surprise de la ministre de l'Éducation Line Beauchamp, M. Bachand n'a pas voulu se prononcer sur l'éventuelle promulgation d'une loi spéciale qui forcerait le respect des injonctions imposant une reprise des cours.

Le député libéral de Charlesbourg, Michel Pigeon, lui-même un ancien recteur de l'Université Laval, a pour sa part jugé que les injonctions se suffisent à elles-mêmes et qu'une loi spéciale n'est pas nécessaire.

«Actuellement on n'en est pas là, a-t-il dit. (...) Il me semble qu'une injonction ça parle par soi-même. On ne met pas une loi par-dessus une injonction.»

Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a repris les propos du premier ministre Jean Charest pour exprimer son exaspération.

«Le premier ministre a dit avec beaucoup de justesse que la patience de tous a été, je pense, mise à rude épreuve et épuisée», a-t-il dit.

Soulignant que la population de la région de Montréal est particulièrement éprouvée, M. Moreau a pourfendu des manifestants qui se sont rendus mardi matin sur le pont Jacques-Cartier, à Montréal, pour perturber la circulation.

«Non seulement ces gens-là ont mis en danger leur propre sécurité, mais ils ont mis en danger la sécurité de tous les usagers du pont Jacques-Cartier, a-t-il. Et c'est une situation qui est inacceptable et qui est intolérable.»

Legault veut des engagements

Avant d'entamer un nouveau dialogue avec le gouvernement, les leaders étudiants doivent s'engager à assurer le libre accès des établissements, estime pour sa part le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Le chef caquiste fait du respect des injonctions émises au nom des étudiants opposés au boycott des cours la condition sine qua none à toute nouvelle discussion avec l'État.

Selon lui, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, doit obtenir cet engagement ferme dès le début de sa rencontre mardi soir avec les leaders des quatre associations étudiantes.

À défaut d'un tel engagement, ce sera à la police d'employer les moyens qu'elle juge nécessaires pour déloger les piqueteurs masqués, a soutenu M. Legault, en point de presse à l'Assemblée nationale.

Le leader de la CAQ est en faveur de la ligne dure envers les «radicaux» du mouvement de grève qui bloquent l'accès des établissements. La tolérance à leur égard pourrait, à son avis, convaincre d'autres «groupes de pression» de défier à leur tour les lois.

«On n'a pas le choix. Si on cède à l'intimidation, ça va vouloir dire qu'il y aura un autre groupe de pression qui va essayer de faire reculer le gouvernement», a fait valoir M. Legault.

Compte tenu de la crise, M. Legault juge nécessaire que la classe politique parle d'une seule voix pour défendre le droit des étudiants de retourner suivre leurs cours. Il a invité la chef péquiste Pauline Marois à se joindre à lui et à se ranger derrière le gouvernement Charest dans cette cause.

Avec ce que leur a déjà concédé le gouvernement, les étudiants n'ont plus rien à faire dans la rue, croit le chef caquiste. Grâce à la bonification des prêts et des bourses, il n'y aura aucune augmentation des droits de scolarité pour 60 pour cent d'entre eux.

«Est-ce qu'au Québec, avec les valeurs de justice sociale qu'on défend depuis toujours, on veut être dans la rue, avec des carrés rouges, pour défendre les 40 pour cent d'étudiants qui sont dans les familles les plus riches? (...) Écoutez, c'est comme un Robin des bois à l'envers qu'on vit actuellement au Québec. Il est temps qu'on sorte de cette situation», a-t-il dit.

Marois: Charest doit faire des compromis

Il revient au premier ministre Jean Charest de faire des compromis pour sortir de l'impasse avec les étudiants, selon la chef péquiste Pauline Marois.

Mme Marois exhorte le premier ministre à s'asseoir personnellement à la table de discussion avec les leaders étudiants afin de trouver une issue au conflit qui perdure depuis plus de trois mois.

«La fin justifie qu'on fasse ces compromis», a dit la chef péquiste en point de presse, mardi après-midi, en se disant inquiète de la persistance du conflit avec les étudiants. «Cela me touche profondément», a-t-elle indiqué.

Selon elle, la solution passera nécessairement par la conciliation et une «véritable négociation» avec les étudiants et non par la ligne dure ou quelque renforcement que ce soit de l'action policière.

La ligne dure ne fera «qu'exacerber les tensions», a-t-elle dit.

Mme Marois est d'avis que tout règlement du conflit sera de nature politique et que la conclusion du dossier repose désormais «entre les mains du premier ministre».

«La solution, elle passe d'abord et avant tout par le premier ministre», a-t-elle insisté, alors que la nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a convoqué les leaders étudiants a une rencontre mardi soir.

Quant à François Legault, il ne fait que «jeter de l'huile sur le feu», aux yeux de la chef péquiste.

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