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Procès Stafford: Rafferty répète son innocence mais le juge le traite de «monstre»

15/05/2012 01:41 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

LONDON, Ont. - «Tordu», «pervers», «violeur d'enfant». Le juge qui a présidé le procès de Michael Rafferty n'a pas mâché ses mots, mardi, au moment d'envoyer le meurtrier de Victoria Stafford derrière les barreaux pour 25 ans. Mais ce sont les paroles du frère de la disparue qui ont eu le plus d'impact, même sur le «monstre».

Plusieurs proches de la fillette de huit ans ont décrit mardi la douleur que leur avait causée sa mort brutale, mais tous leurs témoignages parlaient surtout de Daryn, le frère de la petite, qui avait tout juste 10 ans lorsque sa soeur a été enlevée le 8 avril 2009.

«Plus de câlins, plus de 'À toute à l'heure', plus d'au revoir, juste une partie de mon coeur arrachée», a écrit l'adolescent dans sa déclaration au tribunal. «Ma soeur était la seule personne à qui je pouvais parler, quelqu'un qui ressentait ce que je ressentais, qui pleurait quand je pleurais, qui riait quand je riais. Et maintenant, je me sens seul, comme si le monde me jouait un mauvais tour. Mais ce n'est pas le cas. C'est la réalité.»

Rafferty, qui a été reconnu coupable vendredi de meurtre prémédité, d'agression sexuelle ayant causé des blessures et d'enlèvement, a pleuré pendant que la procureure de la Couronne lisait le texte de Daryn.

Le père de Victoria, Rodney Stafford, a quant à lui parlé des pénibles semaines qui s'étaient écoulées entre la disparition de sa fille et la découverte de son corps en juillet 2009, enveloppé dans des sacs à ordures et caché sous des roches dans un champ situé à une centaine de kilomètres de sa résidence de Woodstock, en Ontario.

À un certain moment, incapable de contrôler sa rage, il a interrompu son discours et dévisagé Michael Rafferty avant de le traiter de «merde».

Tara McDonald, la maman de la victime, n'a pu retenir ses larmes alors qu'elle racontait à quel point son bébé lui manquait.

«Les gens n'arrêtent pas de me dire que je suis forte», a-t-elle témoigné. «Ils se demandent comment j'ai fait pour passer au travers tout ça, et pensent qu'ils n'en auraient pas été capables. Mais ai-je vraiment le choix? Ce n'est rien comparé à la souffrance qui a été infligée à cette petite fille innocente.»

Rafferty a eu la possibilité de dire quelque chose avant d'être condamné à la prison à vie, la peine automatique prévue par la loi pour un meurtre prémédité. Il s'est levé et s'est adressé directement à la mère de la fillette, assurant qu'il lui donnerait «toutes les pièces du casse-tête» si elle voulait le rencontrer loin de la cour, des médias et du public.

Mme McDonald a déclaré à l'extérieur de la salle d'audience qu'elle ne croyait pas qu'il s'agissait d'une offre sérieuse.

Michael Rafferty n'a pas témoigné durant son procès. Le témoignage de son ex-copine et complice Terri-Lynne McClintic est le seul récit que la cour a pu entendre des événements survenus le jour de la mort de la fillette surnommée «Tori» par ses proches.

McClintic, qui purge une peine d'emprisonnement à vie après avoir plaidé coupable à une accusation de meurtre prémédité il y a deux ans, a raconté qu'elle avait attiré Victoria Stafford en lui promettant de lui montrer des chiens, avant de la livrer à son petit ami afin qu'il puisse satisfaire ses pulsions sexuelles.

Mardi, Rafferty a affirmé qu'il était «coupable de plusieurs crimes» et avait fait des choses dont il avait «très, très honte», mais a maintenu qu'il n'avait pas commis ces trois crimes-là.

«Je sais que je fais très certainement partie des raisons pour lesquelles Victoria n'est pas ici aujourd'hui», a-t-il admis. «J'espère que ma condamnation à la prison à vie pourra apporter un certain soulagement à tout le monde. J'aimerais vraiment m'excuser auprès de toute la famille. Je sais que cela ne veut pas dire grand-chose pour vous venant de ma bouche, mais c'est tout de même sincère.»

Ses paroles n'ont impressionné ni les proches de «Tori» ni le juge de la Cour supérieure de l'Ontario Thomas Heeney, qui lui a ordonné de se lever et a déclaré que, maintenant qu'il ne bénéficiait plus de la présomption d'innocence, il se montrait sous son véritable jour: «un kidnappeur d'enfant, un violeur d'enfant et un assassin d'enfant».

«Vous avez volé la vie d'une jolie petite fille talentueuse et vive, alors qu'elle était encore dans l'âge innocent de l'enfance», a lancé le magistrat sans tenter de cacher sa colère. «Et pour faire quoi? Pour satisfaire votre désir tordu et pervers d'avoir une relation sexuelle avec un enfant. Seul un monstre pourrait commettre un acte aussi abject.

«Monsieur, vous êtes un monstre.»

Michael Rafferty a écopé d'une peine d'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Il pourra toutefois se prévaloir de la «clause de la dernière chance» après 15 ans. L'homme de 31 ans a également été condamné à 10 ans de prison pour enlèvement et agression sexuelle ayant causé des blessures.

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