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Nouvelles violences en Syrie, doutes sur le plan de l'émissaire Annan

15/05/2012 05:44 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

De nouvelles violences ont coûté la vie à douze civils mardi en Syrie, où la crise est entrée dans son quinzième mois sans qu'aucune initiative internationale ne soit parvenue à la résoudre, les pays du Golfe disant douter "sérieusement" du succès du plan de l'émissaire Kofi Annan.

Dans le même temps, la commission électorale a annoncé un taux de participation de 51,26% aux premières législatives "multipartites" tenues le 7 mai sur fond de violences et raillées par la communauté internationale.

Son chef a refusé de donner les résultats par partis et le détail de la participation, notamment dans les régions où les militants anti-régime avaient appelé au boycottage, se félicitant toutefois d'élections "transparentes et démocratiques".

A l'étranger et dans l'opposition, de nombreuses voix avaient dénoncé des élections "ridicules" et "cyniques".

L'avocat des droits de l'Homme Anouar al-Bounni a qualifié ce scrutin de "mort-né" du fait de la loi électorale et du contexte dans lequel il s'est tenu.

En 14 mois de violences, plus de 12.000 personnes ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), en majorité des civils abattus par les troupes gouvernementales.

De retour d'une mission clandestine en Syrie, une équipe de Médecins sans frontières (MSF) a de plus accusé Damas de mettre en place un "blocus thérapeutique pervers", en arrêtant les médecins et visant les pharmacies.

"D'après les docteurs syriens, il est au moins aussi dangereux d'être pris en train de soigner des blessés qu'avec des armes à la main", a affirmé un chirurgien de MSF qui faisait partie du voyage.

"C'est un énorme problème pour les malades chroniques, qui souffrent par exemple de diabète, d'insuffisance rénale... Pour moi, qu'une armée régulière pille des pharmacies, les détruise, c'est complètement inédit. C'est un pas en avant dans la barbarie", a-t-il ajouté.

Le ministre français sortant des Affaires étrangères Alain Juppé a également évoqué des "blessés achevés dans les hôpitaux", espérant que ces témoignages feraient évoluer la Russie vers un soutien à des sanctions de l'ONU contre le régime de Bachar al-Assad.

Il a aussi jugé "probable" l'échec de la mission Annan, au lendemain de déclarations similaires du chef de la diplomatie saoudienne.

"La confiance dans les efforts de l'émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement", avait jugé le prince Saoud al-Fayçal, qui s'exprimait au nom des six monarchies du Golfe réunies à Ryad.

Sur le terrain, bien que deux-tiers des observateurs que l'ONU doit déployer en Syrie soient déjà sur place, douze nouveaux civils et un déserteur ont péri, selon l'OSDH.

Quatre civils ont été abattus par les troupes à Deir Ezzor (est), trois, dont une fillette de six ans, ont été mortellement touchés par des tirs de l'armée dans la région de Damas, un dans la région de Deraa (sud) et quatre autres ont été tués lors d'une explosion dans la ville côtière de Banias.

Le régime syrien et son allié russe attribuent, depuis le début de la contestation qui s'est militarisée, les troubles à des "groupes terroristes armés" et au réseau Al-Qaïda.

La Russie a d'ailleurs dit soupçonner le Kosovo de vouloir servir de terrain d'entraînement pour l'opposition armée syrienne.

De son côté, le Front al-Nosra, un groupuscule extrémiste obscur qui a dit être responsable de plusieurs attentats en Syrie, a démenti avoir revendiqué le double attentat de Damas qui a fait 55 morts la semaine dernière et affirmé que la vidéo postée sur YouTube lui attribuant cette attaque était un faux.

Au Liban voisin, où des heurts confessionnels sur fond de rivalités entre pro et anti-régime syrien ont fait neuf morts, le calme est revenu mardi matin à Tripoli, la principale ville du Nord.

bur-sbh/cnp

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