Michelle Courchesne rencontre les représentants étudiants

Radio-Canada.ca  |  Publication: Mis à jour: 15/05/2012 18:58

La nouvelle ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne, rencontrera mardi soir les représentants des associations étudiantes pour tenter de dénouer la crise provoquée par le mouvement de grève étudiante qui en est à sa 14e semaine. Au lendemain de la démission de la ministre Line Beauchamp, Michelle Courchesne rencontrera aussi les dirigeants de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) et de la Fédération des cégeps. Elle fera ensuite un rapport de la situation au gouvernement.

Lundi, lors de l'annonce de sa démission, Mme Beauchamp a dit avoir perdu confiance quant à la volonté réelle des associations étudiantes de mettre fin au conflit. Elle a dit ne jamais avoir réussi « à leur faire faire un compromis ». Mme Beauchamp espérait que son départ permettrait de dénouer la crise.

La nouvelle ministre, qui a déjà occupé ce poste de 2007 à 2010, a tenu lundi, à la suite de son assermentation, les mêmes propos que sa prédécesseure, soutenant que les étudiants devront faire leur part.

« Je suis tout à fait d'accord avec le premier ministre. Ce chemin qu'ils doivent parcourir, ils ne l'ont pas parcouru », a dit Mme Courchesne.

Le premier ministre Jean Charest n'a pas non plus l'intention de céder et a rappelé que son gouvernement prendra ses responsabilités si les discussions échouent.

Des attentes élevées du côté des étudiants

Les représentants étudiants, qui se sont dits surpris par la démission de la ministre de l'Éducation Line Beauchamp, espèrent toujours une sortie de crise rapide.

Le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a dit lundi que la démission de Mme Beauchamp n'allait pas nécessairement changer la donne pour régler le conflit, contrairement à ce qu'a affirmé Line Beauchamp. Il presse le gouvernement d'entamer des discussions sur la question de la hausse des droits de scolarité, la raison pour laquelle les étudiants sont en grève, dit-il.

De son côté, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, affirme que le changement de ministre peut faire avancer les discussions, puisque la dynamique pourrait changer avec la venue de quelqu'un de nouveau dans ce dossier.

Rappelons que Mme Courchesne a présidé la rencontre d'une vingtaine d'heures qui avait réuni à Québec les représentants des quatre principales associations étudiantes, de la Fédération des cégeps, de la CREPUQ ainsi que et des leaders de centrales syndicales qui représentent des professeurs (CSN, FTQ, CSQ).

Elle avait alors été perçue par les représentants étudiants comme plus conciliante que sa collègue. Mais il ne semble pas que le changement de ministre signifie un nouveau mandat.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a aussi bien accueilli l'annonce de la nomination de Michelle Courchesne, en soutenant que c'est une personne qui sera en mode « résolution de crise ». Toutefois, il souligne que contrairement à ce que le gouvernement affirme, les étudiants ne sont pas responsables de l'impasse dans le conflit et que c'est le gouvernement qui a mis des semaines à entamer des discussions.

Pour leur part, les partis d'opposition veulent savoir quelle direction le gouvernement adoptera désormais dans le conflit avec les étudiants après la démission de Line Beauchamp.

La porte-parole du Parti québécois en matière d'enseignement supérieur, Marie Malavoy, a estimé lundi qu'au-delà de la démission de la ministre, « la sortie de crise demeure la question principale ». Selon elle, le gouvernement doit maintenant expliquer « comment il envisage de revenir à la paix sociale et à ce que les étudiants reprennent leurs sessions ».

Pour le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) la démission de Line Beauchamp est due au manque de leadership du premier ministre.

« M. Charest doit s'asseoir à la table et doit négocier une chose avec les étudiants : le retour de tous les étudiants qui souhaitent retourner en classe », estime François Legault.

Par ailleurs, mardi matin, une trentaine d'étudiants ont brièvement bloqué le pont Jacques-Cartier, avant d'être dispersés par la police. Ils ont couru vers des rues résidentielles et une vingtaine de personnes ont été arrêtées.

La tension est vive également aux abords du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse, où les grévistes ont réussi à faire annuler les cours lundi malgré l'injonction qui frappe le collège.

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Publié par Myriam Lefebvre  |