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Les Etats-Unis saluent le "nouveau débat sur la croissance en Europe"

15/05/2012 11:51 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont salué mardi le "nouveau débat sur la croissance en Europe" à l'heure où le président français fraîchement investi, François Hollande, dit vouloir proposer à ses partenaires européens de stimuler davantage l'activité économique.

"Nous devrions accueillir favorablement ce nouveau débat sur la croissance en Europe", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, lors d'une conférence publique à Washington.

Les Européens "sont mieux outillés" qu'il y a quelque temps "pour gérer la crise", a noté M. Geithner, en faisant référence aux différents pare-feux financiers que ceux-ci ont mis en place pour circonscrire la crise de la dette.

"On les voit parler d'améliorer l'équilibre entre la croissance et l'austérité, ce qui signifie l'ouverture d'une voie un peu plus douce et graduelle pour revenir à des finances publiques viables", a ajouté le ministre des Finances, pour qui une réduction trop rapide des dépenses publiques porte en elle le risque d'entraîner une "spirale négative pour la croissance".

"Ces aspects du débat (...) sont bienvenus et encourageants, mais la route est encore longue" pour les Européens, a encore dit M. Geithner. Ceux-ci "doivent s'assurer qu'ils peuvent convaincre le monde de leur capacité à maîtriser ces défis" afin de "diminuer les risques qui pèsent sur les économies du reste du monde et des Etats-Unis", a-t-il souligné.

"Nous pensons qu'ils ont la capacité de le faire", a insisté le secrétaire au Trésor alors que le blocage politique en Grèce, où l'on s'achemine vers de nouvelles élections, inquiète sérieusement l'Amérique.

Les craintes entourant ce pays ont fait chuter Wall Street lundi à son niveau le plus faible depuis fin janvier, et la Bourse de New York était en baisse mardi à la mi-journée.

La banque centrale américaine (Fed), qui table sur un redressement à venir de la croissance aux Etats-Unis après le ralentissement du premier trimestre, a d'ores et déjà prévenu que la situation en Europe était l'une des variables principales susceptibles de faire mentir ce pronostic.

Interrogé sur l'éventualité que la Grèce sorte de la zone euro, M. Geithner a estimé que "l'Europe dans son ensemble (avait) tout intérêt à faire tout ce qu'il faut pour que l'union monétaire fonctionne".

Lundi, le président de l'eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait assuré que les pays de l'Union économique et monétaire avaient "l'intention inébranlable de conserver la Grèce" au sein de cet ensemble.

M. Hollande, qui a pris ses fonctions à la tête de la République française mardi, devait rencontrer dans la soirée à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel, dont il a critiqué la politique d'austérité face à la crise dans la zone euro.

Dans son discours d'investiture, M. Hollande a déclaré vouloir "ouvrir une voie nouvelle en Europe". "A nos partenaires, je proposerai un nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie", a-t-il dit.

Au moment où l'Amérique doit elle aussi s'efforcer de ramener ses finances publiques sur une trajectoire viable, il y a une certaine analogie entre les deux rives de l'Atlantique.

Aux Etats-Unis, le débat sur la meilleure façon de conjuguer austérité et croissance est également compliqué. L'opposition républicaine qui dispose d'un pouvoir de blocage au Congrès ne veut entendre parler que de baisses des dépenses, quand M. Geithner plaide pour une méthode plus douce qui "ne sape pas la reprise".

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