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Le vice-président irakien accusé à la barre d'avoir planifié des meurtres

15/05/2012 09:45 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

Des témoins ont accusé mardi à la barre le vice-président irakien Tarek al-Hachémi d'avoir fomenté des meurtres, à l'ouverture de son procès par contumace à Bagdad.

M. Hachémi, l'un des principaux dirigeants sunnites du pays, a été accusé en décembre d'avoir dirigé un escadron de la mort, des accusations selon lui sans fondement et lancées à des fins purement politiques.

Ni M. Hachémi, qui a dit craindre pour sa vie s'il se rendait à Bagdad, ni ses employés poursuivis en même temps que lui n'étaient présent à l'audience.

Le vice-président se trouvait aux dernières nouvelles en Turquie, pays qui refuse de l'extrader vers l'Irak, malgré la demande d'arrestation internationale diffusée par Interpol pour avoir "financé des attaques terroristes" dans son pays.

Après un report de deux semaines en raison d'un différend sur la juridiction compétente, la cour criminelle centrale d'Irak a ouvert le procès mardi avec le témoignage à la barre des familles de trois personnes dont M. Hachémi est accusé d'avoir orchestré la mort, selon un journaliste de l'AFP.

Trois autres témoins ont accusé M. Hachémi d'avoir été le cerveau des assassinats, avant que la presse ne soit invitée à quitter la salle.

L'audience de mardi concernait le meurtres de deux responsables des services de sécurité et d'un avocat.

"Il m'a demandé de poser une bombe près de la mosquée Bouratha et j'ai exécuté l'opération", a témoigné Ahmed Shawqi, présenté par le tribunal comme un garde du corps de M. Hachémi et interrogé comme témoin dans cette affaire.

"Les instructions de mener ces opérations provenaient personnellement de M. Hachémi ou de son beau-frère Ahmed Qahtan", a-t-il ajouté.

"J'étais l'organisateur de l'opération qui a visé Ghalib al-Assadi parce qu'il causait des problèmes à Tarek al-Hachémi qui voulait l'éliminer", a encore déclaré ce garde du corps, en référence à un des responsables des services de sécurité abattu.

M. Hachémi et certains membres de sa garde rapprochée sont poursuivis pour 150 chefs d'inculpation, notamment le meurtre de six juges et de plusieurs hauts responsables, dont le directeur général du ministère de la sécurité nationale.

La prochaine audience de ce procès a été programmé au 20 mai.

Le vice-président et ses partisans dénoncent depuis des mois une procédure à des fins purement politiques, s'inscrivant dans le conflit qui oppose depuis décembre leur famille politique, le bloc Iraqiya, au Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki, qu'ils accusent d'autoritarisme.

Les accusations ont été proférées en décembre, après le départ des troupes américaines d'Irak. Le vice-président s'est réfugié dans la province autonome du Kurdistan irakien, dont les autorités ont refusé de le livrer à Bagdad et l'ont laissé quitter le pays.

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