NOUVELLES

Le patron de JPMorgan survit au vote des actionnaires et conserve son titre

15/05/2012 05:20 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

TAMPA, États-Unis - Le chef de la direction de la banque américaine JPMorgan a survécu mardi à un vote des actionnaires qui aurait pu le forcer à abandonner son poste de président du conseil d'administration, cinq jours après que l'institution eut dévoilé avoir perdu deux milliards $ US dans ses activités de courtage.

Jamie Dimon a en outre remporté un vote d'approbation sur sa rémunération pour l'an dernier, laquelle totalisait 23 millions $ US, d'après une analyse des documents réglementaires d'Associated Press.

M. Dimon, habituellement peu loquace, a indiqué aux actionnaires réunis dans le cadre de leur assemblée annuelle que l'entreprise s'était elle-même infligée les erreurs dont elle était victime. «Cela n'aurait jamais dû se produire. Je ne peux pas le justifier.»

Plus tard, en discutant avec les journalistes, il a ajouté: «Ultimement, c'est toujours moi qui prend la responsabilité.»

La plupart des votes des actionnaires ont été soumis dans les semaines précédant l'annonce sur les énormes pertes de courtage.

La rémunération de M. Dimon a été approuvée par 91 pour cent du vote. Celui visant à le dépouiller de son titre de président n'a recueilli qu'un appui de 40 pour cent. La banque n'a pas séparé les résultats des votes reçus avant et après le dévoilement de la perte de courtage.

Lors de l'assemblée, M. Dimon a été confronté à des actionnaires mécontents des pertes annoncées jeudi dernier, lesquelles ont miné la confiance des investisseurs envers la banque et compliqué les efforts de JPMorgan dans sa lutte contre le resserrement de la réglementation de Wall Street.

Seamus Finn, représentant des actionnaires de l'organisation catholique des missionnaires oblats de Marie immaculée, a rappelé que les investisseurs avaient déjà entendu M. Dimon s'excuser avant la crise des forclusions et d'autres problèmes.

«Nous avons entendu le même refrain: Nous avons appris de nos erreurs. Nous ne permettrons pas que cela se produire de nouveau», a affirmé M. Finn. «Je ne peux pas m'empêcher de me demander si vous écoutez.»

Les investisseurs ont sévèrement puni le cours de l'action de JPMorgan depuis que la perte de deux milliards $ US a été révélée. Le titre a perdu 12 pour cent en deux séances, soit près de 20 milliards $ US en valeur boursière. Il a repris mardi 1,3 pour cent.

Selon M. Dimon, les pertes de courtage ne devraient pas mettre en péril le dividende trimestriel de JPMorgan, qui est actuellement de 30 cents US par action.

L'assemblée, qui s'est déroulée dans le centre-ville de Tampa, en présence de nombreux policiers. Des manifestants s'y trouvaient et certains d'entre eux ont lancé des oeufs sur une affiche montrant une photo de M. Dimon.

«Nous voulions laisser savoir à Jamie Dimon comment nous nous sentons vis-à-vis ce qu'ont fait les grandes banques à notre économie», a déclaré Marilyn Lyday, membre du groupe Occupy Orlando.

M. Dimon a par ailleurs obtenu un appui, en quelque sorte, du président américain Barack Obama, qui participait mardi à l'émission de télévision «The View». M. Obama a profité de l'occasion pour vanter les mérites d'un resserrement de la réglementation de Wall Street.

«JPMorgan est une des banques les mieux gérées», a déclaré le président. «Jamie Dimon, son patron, est un des banquiers les plus intelligents que nous avons, et ils ont malgré tout perdu deux milliards $ US.»

M. Obama a poursuivi en affirmant que la banque «faisait des paris» sur le marché des instruments financiers plus complexes, celui des produits dérivés. M. Dimon a expliqué qu'il s'agissait d'un programme de couverture contre le risque financier.

Une partie de la révision de 2010 de la législation sur les finances connue sous le nom de la «règle Volcker», qui pourrait entrer en vigueur plus tard cette année, limiterait la capacité des banques de procéder à certaines opérations pour leur propre profit. M. Dimon et des critiques de l'industrie sont en désaccord pour ce qui est de déterminer si les opérations de JPMorgan qui ont entraîné les pertes annoncées la semaine dernière auraient enfreint cette règle.

PLUS:pc