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La sinistre prison de Camp Honor à Bagdad n'a pas été fermée, dénonce HRW

15/05/2012 03:57 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT

L'Irak a toujours des prisonniers à Camp Honor au coeur de Bagdad, soupçonné d'être un centre de tortures dont Bagdad avait annoncé la fermeture il y a un an, a dénoncé mardi l'organisation Human Rights Watch (HRW).

Le ministre de la Justice, Hassan al-Shammari, avait annoncé en mars 2011 que le centre de détention de Camp Honor était fermé, mais 14 personnes -- responsables, avocats et prisonniers -- interrogées par HRW ont assuré que des personnes y avaient été récemment détenues et interrogées.

"Les forces de sécurité irakiennes saisissent des gens en dehors du droit, sans procès ni chefs d'accusation connus, et les font disparaître dans des sites sans possibilité de communication avec l'extérieur", a dénoncé Joe Stork, directeur de HRW pour le Moyen-Orient.

L'organisation réclame une enquête indépendante sur les accusations de tortures à Camp Honor et dans d'autres prisons irakiennes, et appelle les autorités à révéler les noms et lieux de détentions de tous les prisonniers, et à les traduire en justice ou les libérer rapidement.

En 2011, le Los Angeles Times avait révélé que des prisonniers étaient détenus dans des conditions très dures à Camp Honor, situé dans la Zone verte, le coeur ultra-protégé de Bagdad, parfois jusqu'à deux ans.

D'anciens détenus ont raconté l'année dernière à HRW avoir été battus, pendus par les pieds pendant des heures, électrocutés y compris sur les parties génitales ou encore asphyxiés à de multiples reprises avec un sac en plastique maintenu sur leur tête jusqu'à ce qu'ils perdent connaissance.

Dans un rapport publié en février 2011, Amnesty International avait accusé l'Irak de maintenir des prisons secrètes et de torturer les prisonniers pour obtenir des aveux afin de les faire condamner.

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