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La révolte en Syrie entre dans son 15e mois sans répit dans les violences

15/05/2012 08:59 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

La révolte en Syrie est entrée mardi dans son quinzième mois avec le même lot de violences meurtrières et sans aucun signe d'une issue proche du conflit, la communauté internationale redoutant un échec du plan de paix de l'émissaire Kofi Annan.

La révolte populaire, lancée le 15 mars 2011 et marquée lors de ses premiers mois par des manifestations pacifiques, s'est ensuite militarisée face à la répression brutale menée par les troupes du régime de Bachar al-Assad qui se targue de l'appui d'une partie de la population.

Quinze mois plus tard, l'opposition et la rébellion formée de déserteurs continuent de réclamer le départ du régime qui ne reconnaît pas la contestation et se dit déterminé à en finir avec ses détracteurs qualifiés de "terroristes", armés par l'étranger.

Mardi, le régime, qui cherchait à se donner une certaine crédibilité en organisant des législatives le 7 mai, a annoncé un taux de participation de 51,26% mais sans préciser les résultats par partis. La communauté internationale a raillé ce scrutin de même que l'opposition qui l'a boycotté.

Dans le camp opposé, la principale coalition de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a élu Burhan Ghalioun à sa tête pour un nouveau mandat de trois mois lors d'une réunion à Rome.

M. Ghalioun, président du CNS depuis sa fondation en octobre 2011, a été appelé à restructurer cette coalition.

Son groupe a été reconnu comme "un représentant légitime de tous les Syriens" à la dernière réunion en avril des "Amis du peuple syrien" et comme "représentant formel" par de nombreuses figures de l'opposition.

Loin des développements politiques, la situation sur le terrain reste dramatique.

Quinze civils et un déserteur ont péri dans la répression et les combats à travers le pays, où les forces gouvernementales tentent de reprendre plusieurs régions échappant à leur contrôle et défendues par les rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

De retour d'une mission clandestine en Syrie, une équipe de Médecins sans frontières (MSF) a accusé le régime de mettre en place un "blocus thérapeutique pervers", en arrêtant les médecins et en s'attaquant aux pharmacies.

"D'après les docteurs syriens, il est au moins aussi dangereux d'être pris en train de soigner des blessés qu'avec des armes à la main", a dit un chirurgien de MSF. "Pour moi, qu'une armée régulière pille des pharmacies, les détruise, c'est complètement inédit. C'est un pas en avant dans la barbarie".

En 14 mois de violences, plus de 12.000 personnes ont péri, en majorité des civils abattus par les troupes gouvernementales, et quelque 25.000 sont toujours détenues, selon l'OSDH. Des dizaines de milliers de Syriens se sont en outre réfugiés dans les pays voisins.

Face à la crise, la communauté internationale n'a pas été en mesure de colmater ses divisions, Moscou et Pékin appuyant toujours leur allié syrien.

Le plan Annan, préconisant un cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et un dialogue politique, est resté lettre morte malgré son acceptation par les protagonistes.

Une mission d'observation de l'ONU a pourtant été déployée pour superviser l'application du plan. Selon le général norvégien Robert Mood, chef des observateurs, "plus de 200 observateurs" sont désormais sur le terrain.

Le ministre français sortant des Affaires étrangères Alain Juppé a d'ailleurs jugé "probable" l'échec de la mission de M. Annan. Ce dernier avait averti que son initiative était celle de la dernière chance avant de voir le pays plonger dans la guerre civile.

"La confiance dans les efforts de l'émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement", a aussi déclaré lundi soir le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal, au nom des six monarchies du Golfe réunies à Ryad.

Enfin, au Liban voisin, où des heurts confessionnels sur fond de rivalités entre pro et anti-régime syrien ont fait neuf morts ces quatre derniers jours, le calme est revenu à Tripoli, la principale ville du Nord.

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