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JPMorgan, visé par une enquête du FBI, garde son chef malgré la contestation

15/05/2012 06:07 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

Le gouvernement américain a ouvert mardi une enquête sur les pertes monumentales de JPMorgan Chase, qui ont suscité des critiques d'actionnaires lors de l'assemblée générale de la banque mais n'ont pas empêché son PDG Jamie Dimon de conserver son poste et son salaire.

La police fédérale (FBI) a ouvert une "enquête préliminaire" sur les pertes de courtage d'au moins 2 milliards de dollars dévoilées jeudi par le géant bancaire JPMorgan Chase, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

L'enquête en est encore à un stade "très préliminaire" et les infractions au droit sur lesquelles pourrait se concentrer l'enquête ne sont pas encore certaines, a ajouté cette source. La semaine dernière, l'autorité des marchés (SEC) avait commencé sa propre enquête sur l'affaire, selon plusieurs médias.

Le président Barack Obama, interrogé sur la chaîne ABC, a souligné qu'on "ne connaît pas encore tous les détails" des pertes de JPMorgan, mais qu'ils allaient faire l'objet d'une "enquête".

Il a usé de l'affaire pour demander d'accélérer la mise en oeuvre de la réforme financière: "On aurait pu avoir une banque pas aussi solide (...) qui aurait fait les mêmes paris et nous aurions peut-être dû intervenir. C'est pour cela que la réforme de Wall Street est importante".

Parallèlement, Jamie Dimon est ressorti de l'assemblée générale du groupe en essuyant les critiques d'actionnaires face aux efforts de sa banque pour lutter contre un resserrement de la réglementation financière, mais sans être inquiété.

JPMorgan Chase "s'est engagé dans du courtage pour son propre compte sans restrictions. L'entreprise n'a pas réagi avant d'encaisser 2 milliards de dollars de pertes. Pensez-vous toujours qu'une entreprise peut se réguler elle-même en ce qui concerne le courtage en son propre compte?", a interrogé un actionnaire.

"Vous êtes dépeint comme l'un des plus ardent lobbyistes contre les règles institutionnelles et cela représente un risque pour la réputation de l'entreprise, en particulier au vu des récentes pertes", a renchéri un autre actionnaire.

"Nous ne sommes pas anti-réglementation", "nous avons soutenu 70-80% de la loi (de réforme de la régulation financière) Dodd-Frank", a rétorqué le patron de JPMorgan Chase.

"Nous sommes d'accord avec l'esprit de la règle Volcker", la mesure phare de la loi Dodd-Frank, si "elle ne nuit pas aux clients des institutions financières", a insisté M. Dimon.

La règle Volcker vise à interdire le courtage en compte propre des banques et à restreindre drastiquement leurs activités de dérivés en raison de l'opacité et des risques de ce marché de gré à gré.

C'est précisément dans l'unité de courtage en nom propre de JPMorgan Chase et sur des ventes de dérivés de crédit que la banque a essuyé sa monumentale perte, la plus grosse enregistrée par une banque aux Etats-Unis depuis la crise.

Une proposition visant à séparer les postes du président du conseil d'administration et de directeur général afin de mieux contrôler la direction du groupe a reçu 40% de votes, un score important mais insuffisant pour passer.

Quant au plan de rémunération prévoyant 23 millions de dollars au total pour 2011 pour M. Dimon, comme en 2010, il a été approuvé à plus de 90%.

L'action de JPMorgan Chase a clôturé en hausse de 1,26%, après avoir décroché de plus de 10% au cours des dernières séances.

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