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GES: attendre coûtera cher au Canada, prévient la Table ronde nationale

15/05/2012 03:20 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les délais dans l'adoption de règles pour encadrer les émissions de gaz à effet de serre signifient que le Canada se retrouvera coincé avec des infrastructures anciennes qui continueront à polluer pendant des décennies, prévient une nouvelle étude.

Cet avertissement a été lancé par la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, un organisme qui sera aboli prochainement mais qui était financé par le gouvernement fédéral pour offrir des conseils et mener des recherches sur le développement durable.

C'est probablement la première fois que des experts s'intéressent à l'impact des investissements réalisés en vertu des anciennes règles, pendant que les entreprises attendent de voir les gouvernements resserrer les normes d'émissions.

L'étude conclut que plus Ottawa attend pour freiner les émissions — permettant ainsi aux entreprises de continuer à agir comme avant —, plus il deviendra difficile et coûteux d'atteindre les objectifs environnementaux.

L'étude démontre aussi que l'énergie électrique pourrait être d'une très grande utilité si ce secteur réussit à attirer des investissements annuels supplémentaires de 12 milliards $ par année.

L'étude se trouvera dans l'un des rapports finaux de l'organisme devant être publiés dans quelques semaines, mais a été présentée par le président, David McLaughlin, lors d'une conférence plus tôt ce mois-ci. Le détail de sa présentation a été obtenu par La Presse Canadienne.

«Nous avons toujours dit que les délais étaient coûteux», a déclaré M. McLaughlin.

Désormais, a-t-il affirmé, l'étude montre jusqu'à quel point ils le sont.

Ses tableaux et graphiques montrent qu'alors qu'Ottawa tarde à instaurer des réglementations pour les émetteurs, les investissements dans le charbon, le pétrole, le gaz, l'électricité et les édifices seront guidés par les règles peu contraignantes qui restent la norme.

Les effets pourraient se faire sentir pendant des décennies, étant donné que la durée de vie de la plupart des infrastructures est d'environ 40 ans.

Ainsi, toute infrastructure construite après l'éventuelle entrée en vigueur des nouvelles règles devrait être extra-efficace afin de compenser pour ces délais, a fait valoir M. McLaughlin.

«Plus des investissements sont réalisés en vertu des anciennes règles, le moins d'options restent aux gouvernements pour trouver des sources de réductions d'émissions dans l'économie», a expliqué Alexander Wood, directeur des politiques et marchés au réseau Prospérité durable, un groupe d'étude et de réflexion hôte de la conférence au cours de laquelle M. McLaughlin a fait sa présentation.

«Et moins il y a d'options disponibles, plus elles deviennent coûteuses», a-t-il insisté.

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