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France: François Hollande investi, Jean-Marc Ayrault nommé premier ministre

15/05/2012 01:31 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

PARIS - François Hollande a été investi à la présidence de la République française, mardi, en promettant de «redresser la France dans la justice» et d'exercer le pouvoir «avec dignité et simplicité».

Après la cérémonie de passation de pouvoirs en matinée, le nouveau président français s'est envolé pour Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel. Peu avant son décollage, le nom de son premier ministre a été annoncé: ce sera Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

Âgé de 62 ans, M. Ayrault est maire de Nantes depuis deux décennies et été patron des députés socialistes pendant 15 ans. La composition du gouvernement sera probablement annoncée mercredi.

Se disant «honoré par cette marque de confiance», M. Ayrault a promis de se mettre au service du pays. «Il y a urgence à le faire et l'équipe qui sera constituée sera une équipe qui sera d'abord au service du pays avant tout le reste», a-t-il affirmé.

Dans ses premières paroles de chef de l'État, François Hollande a prôné le rassemblement. «Nos différences ne doivent pas devenir des divisions, nos diversités des discordes», a-t-il plaidé, en promettant de réaffirmer les «principes intangibles de laïcité» et de lutter contre le racisme, l'antisémitisme et «toutes les discriminations».

Dans son discours d'investiture, il a aussi évoqué le «poids des contraintes» auxquelles la France est confrontée: «une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée et une Europe qui peine à sortir de la crise».

Adressant toutefois un «message de confiance» aux Français, M. Hollande a promis que ses choix seraient guidés par l'exigence de justice.

«Il est temps de remettre la production avant la spéculation, (...) l'emploi durable avant le profit immédiat», a estimé le président socialiste. «Il ne peut pas y avoir des sacrifices pour les uns, toujours plus nombreux, et des privilèges pour les autres, sans cesse moins nombreux», a-t-il plaidé, en promettant que son gouvernement conduirait des réformes avec le souci de «récompenser le travail, le mérite, l'initiative et de décourager la rente et les rémunérations exorbitantes».

François Hollande, qui a été souvent en retard lors de sa campagne, est arrivé pile à l'heure pour la passation de pouvoirs. À 10 h, dans la cour de l'Élysée, il a foulé le tapis rouge pour aller à la rencontre du président sortant Nicolas Sarkozy, qui est descendu du perron pour lui serrer la main. Les deux hommes ont eu un entretien de plus d'une demi-heure, durant lequel les deux premières dames, Valérie Trierweiler et Carla Bruni-Sarkozy, se sont elles aussi rencontrées. Nicolas Sarkozy a quitté le palais à 10 h 40, main dans la main avec sa femme.

François Hollande a ensuite reçu les insignes de la Légion d'honneur dans le salon des ambassadeurs. Puis il s'est présenté dans la salle des fêtes de l'Élysée, où le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a proclamé les résultats officiels de l'élection présidentielle du 6 mai. François Hollande a alors reçu le collier de Grand Maître de l'Ordre national de la Légion d'honneur, signé le procès verbal de son investiture et prononcé une allocution d'une dizaine de minutes.

Pour cette cérémonie, il avait invité dix Français lauréats du prix Nobel, dont l'écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio (Littérature 2008) et le professeur Luc Montagnier (Médecine 2008), qui a découvert le virus du sida. Le nouveau président avait aussi convié cinq anciens premiers ministres socialistes et la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry. Il y avait aussi Mazarine Pingeot, la fille de l'ancien président socialiste François Mitterrand, pour lequel François Hollande a eu «une pensée toute particulière».

La cérémonie d'investiture s'est achevée dans le parc de l'Élysée avec les honneurs militaires, l'hymne national et une revue des troupes, alors que la pluie commençait à tomber. Comme le veut la tradition, 21 coups de canon ont été tirés depuis l'esplanade des Invalides.

François Hollande s'est ensuite dirigé vers l'Arc de Triomphe dans une Citroën DS5 hybride décapotable. Costume et chemise trempés par la pluie, il a ranimé la flamme du soldat inconnu, avant de se livrer à son premier bain de foule en tant que président.

Après un déjeuner privé à l'Élysée en compagnie de ses invités, François Hollande est monté en voiture pour rejoindre le jardin des Tuileries. Mais à peine le véhicule avait-il passé le porche de l'Élysée que le nouveau président en est descendu pour aller à la rencontre des personnes qui s'étaient massées dans la rue du faubourg Saint-Honoré, derrière des barrières de sécurité. Ce n'est qu'après plusieurs poignées de main peu protocolaires qu'il est remonté en voiture.

Le président a multiplié ces moments informels à plusieurs étapes de la journée d'investiture, accumulant les délais. Il a finalement décollé pour Berlin, mais l'avion dans lequel il prenait place, un Falcon 7X, a été touché par la foudre peu après avoir quitté Villacoublay et il a dû emprunter un Falcon 900 de rechange.

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