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CORRIGÉ: Deux islamistes marocains refoulés à Tunis, manifestation de salafistes

15/05/2012 07:37 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

Une cinquantaine de salafistes tunisiens étaient rassemblés mardi à l'aéroport de Tunis-Carthage pour protester contre le refoulement de deux islamistes radicaux marocains interdits d'entrée sur le territoire, a constaté une journaliste de l'AFP.

Selon une source policière à l'aéroport, près de 300 salafistes étaient venus dès lundi soir pour accueillir leurs "invités", Hassan Kattani et Omar El Hadouchi, théologiens de la mouvance islamiste la plus radicale au Maroc.

Les deux hommes ont été condamnés pour "endoctrinement des islamistes" qui avaient perpétré les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca (33 morts et 12 kamikazes tués) avant de bénéficier d'une grâce royale (bien royale) en février dernier.

"Ils font partie d'une liste de personnes interdites d'entrée sur le territoire tunisien et seront renvoyés chez eux dans la journée", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Tarrouche.

"On accueille Nancy Ajram (une célèbre chanteuse pop libanaise) et pas Omar al-Hadouchi, elle vaut mieux que lui ?", s'est indigné un des salafistes tunisiens présents devant l'entrée de l'aéroport. "On veut la liberté pour tout le monde, ou sinon il se passera quelque chose", a-t-il menacé avant d'être sommé de se taire par un autre salafiste.

Les manifestants, agressifs, refusaient toute déclaration ou photo et ont entamé des chants islamistes.

D'importantes forces de l'ordre étaient présentes sur place.

Les deux Marocains avaient été invités par une des multiples associations islamiques nées après la révolution, Essalam (La paix). "Ils devaient donner des leçons aux étudiants et rencontrer les cheikhs de la Tunisie", a déclaré un responsable d'Essalam, Selim Ben Yahlas.

"Notre association n'est ni terroriste ni rétrograde. On a invité deux cheikhs influents, et nous demandons calmement au ministère de l'Intérieur qu'il nous indique les démarches administratives à suivre et les conditions pour les recevoir", a-t-il déclaré.

kl-cf/aub

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