NOUVELLES

«Battleship» : Peter Berg joue à la bataille navale sans être dupe

15/05/2012 02:47 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Prenez un excellent comédien d'âge mûr, parfaitement crédible dans un film d'action, tel Liam Neeson. Ajoutez-y deux jeunes acteurs aux profils aussi séduisants que différents, comme Taylor Kitsch et Alexander Skarsgard. Pimentez le tout avec une star de R&B aux yeux revolver et à la plastique irréprochable, Rihanna, et vous obtenez le casting de la dernière mégaproduction d'Universal et de Hasbro: «Battleship» («Bataille navale»).

Après la trilogie des «Transformers», le studio hollywoodien et l'éditeur de jeux marient une nouvelle fois science-fiction, scénario catastrophe et effets spéciaux pour faire un film à grand spectacle, fondé cette fois sur une bataille navale géante entre vaisseaux extraterrestres venus d'ailleurs et navires américains. Autant dire du déjà vu et revu, si ce n'est la touche Peter Berg, le réalisateur de «The Kingdom» («Le Royaume»), «Hancock» et de l'excellente série «Friday Night Lights».

Océan Pacifique. Au large d'Hawaï, l'US Navy déploie toute sa force. Mais bientôt, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par des dizaines d'autres, toutes dotées d'une puissance de destruction inimaginable. À bord de l'USS John Paul Jones, le jeune officier Alex Hopper (Taylor Kitsch), l'amiral Shane (Liam Neeson) et le sous-officier Raikes (Rihanna) vont devoir affronter de nouveaux ennemis extraterrestres pour sauver la planète...

«La bataille pour sauver notre planète débute en mer»: le slogan annonce bien la couleur. À l'instar des «Transformers», de «Pearl Harbor» et de bien d'autres mégaproduction similaires, «Battleship» porte les valeurs du genre, celles de l'Amérique guerrière — courage, patriotisme et héroïsme — sur fond de feux d'artifice et d'effets spéciaux. Seulement, ici, le réalisateur n'est pas dupe: s'il maîtrise parfaitement la bataille navale géante avec ses coups de canons et explosions, il soigne aussi ses autres armes, à commencer par l'autodérision.

Tout au long du film, Peter Berg fait d'une pierre deux coups: d'un côté, il remplit son contrat auprès de Hasbro, d'Universal et des fans du jeu «Battleship» en livrant un gros film d'action et de science-fiction doté de tous les éléments du genre: soldats, extra-terrestres, robots, vaisseaux et conflit à l'échelle planétaire. De l'autre, armé d'un grand sens du second degré, il parvient à sublimer cet exercice convenu pour en faire une oeuvre émaillée d'ironie, par instants proche de merveilles du genre comme «Starship Troopers» («Les patrouilleurs de l'espace») de Paul Verhoeven et «Mars Attacks!» («Mars attaque!») de Tim Burton.

Au terme des 130 minutes de ce grand spectacle, Peter Berg prouve non seulement qu'il a les épaules pour gérer une grosse production de 200 millions $, mais qu'il garde aussi tout son humour noir, celui de ses premières oeuvres comme «Very Bad Things» («Mauvaise conduite»). Et comme ces temps-ci, distiller une touche d'irrévérence dans une production à gros budget tient d'un miracle à Hollywood, rien que pour cet effort, «Battleship» vaut bien un petit détour.

«Battleship» prendra l'affiche vendredi en Amérique du Nord.

PLUS:pc