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Une douzaine de personnes sont tuées lors d'attaques dans le nord-est du Nigéria

14/05/2012 06:36 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT

LAGOS, Nigéria - Des hommes armés ont encerclé des villages du nord-est du Nigéria avant de les incendier, tuant au moins 12 personnes et en blessant 48 autres lors d'attaques qui pourraient s'étendre alors que les agresseurs étaient toujours cachés dans cette région rurale du pays, a annoncé la Croix Rouge du Nigéria, lundi.

Ces attaques ont ciblé, tôt dimanche matin, quatre villages d'une région isolée de l'État d'Adamawa, à la frontière du Cameroun. Le nombre de victimes pourrait croître alors que des travailleurs humanitaires sont incapables d'accéder aux villages touchés, a déclaré la Croix Rouge dans un rapport dont l'Associated Press a obtenu copie.

Des bénévoles «n'ont pu obtenir un accès sécuritaire aux communautés touchées parce que les tireurs seraient toujours cachés dans des buissons autour de ces communautés et modifieraient leur stratégie», peut-on lire dans le rapport. Celui-ci estime qu'une centaine de tireurs ont attaqué les villages.

La liste des victimes inclut au moins un policier, ajoute le rapport. Les blessés ont été atteints de coups de feu et attaqués à la machette.

Au cours du week-end, les travailleurs humanitaires avaient averti que des citoyens avaient commencé à quitter la région située autour de l'édifice du gouvernement local de Lamurde, au moment où les rumeurs d'attaques avaient commencé à se répandre dans les villages.

La Croix Rouge pense que l'attaque est un geste de représailles de la part de préposés aux soins des bovins de Hausa Fulani, qui avaient eux-mêmes été pris à partie à la suite d'une autre tuerie plus tôt cette année.

Il appert que des soldats avaient encerclé le secteur lundi. Yushau Shuaib, un porte-parole de l'Agence nationale de gestion des urgences du Nigéria, a déclaré que les responsables étaient au courant des gestes de violence, mais n'avaient aucune autre information à donner.

Nemuel Yoila, un porte-parole de la police de l'État d'Adamawa, a affirmé que les affrontements semblaient avoir mis en présence les éleveurs de bovins de Fulani aux citoyens de Pere vivant dans la région, l'un des quelque 250 groupes ethniques du Nigéria.

Selon M. Yoila, les affrontements sont survenus près d'un groupe d'officiers de police des forces paramilitaires, qui ont été incapables de stopper les attaques. Il a ajouté que seulement six personnes avaient perdu la vie, contredisant le rapport de la Croix Rouge. Toutefois, les autorités policières et militaires du Nigéria diminuent fréquemment le bilan de victimes au pays, afin de minimiser la sévérité des attaques.

«La situation est revenue à la normale dans cette région», a affirmé le porte-parole.

Le Nigéria, une nation multi-ethnique de plus de 160 millions de citoyens, est fréquemment le théâtre de violences entre instances religieuses. Cependant, la source de ces attaques est souvent liée à des problèmes de nature politique et économiques. Par ailleurs, le pays fait face à une recrudescence d'attaques perpétrées par la secte islamiste Boko Haram.

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