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Syrie: l'armée bombarde la ville rebelle de Rastan

14/05/2012 03:46 EDT | Actualisé 13/07/2012 05:12 EDT
TRIPOLI, Liban - L'armée syrienne a bombardé lundi Rastan, une ville aux mains de l'insurrection dans la province centrale de Homs, provoquant d'intenses affrontements et un afflux de blessés dans les hôpitaux, rapportent des militants syriens.

Rastan, au nord de la ville de Homs, est sous contrôle des rebelles depuis janvier dernier.

Selon deux organisations de militants syriens, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé en Grande-Bretagne, et les Comités locaux de coordination, les nouveaux bombardements ont commencé dimanche. Le président de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman, a précisé que des insurgés avaient réussi à détruire plusieurs véhicules de l'armée lors des affrontements, et que des soldats avaient été tués. Ces informations ne pouvaient être confirmées de source indépendante.

Une vidéo amateur montrait une petite fille, apparemment blessée par un éclat d'obus à la cuisse, en train d'être soignée dans un hôpital de fortune de Rastan. Sur les images, la fillette hurle de douleur et lorsqu'on lui demande où est sa mère, répond en pleurant: "elle est morte".

L'Observatoire et les CLC signalaient également une intervention des troupes gouvernementales sur Qaboun, un faubourg de Damas, où elles ont mené des raids et posté des tireurs sur les toits.

L'attaque sur Rastan est survenue après un raid des forces syriennes sur un village sunnite de la province de Hama, qui a fait au moins cinq morts samedi. Des maisons ont été incendiées et des magasins pillés.

La Syrie est majoritairement sunnite, mais le président Bachar el-Assad et l'élite dirigeante appartiennent à la minorité alaouite. Les tensions religieuses semblent grandir dans certaines régions, un facteur supplémentaire d'inquiétude. Beaucoup de Syriens accusent le président Assad d'exploiter ces tensions en se servant de la milice shabiha, des combattants alaouites qui opèrent pour le compte du régime. Damas impute de son côté les violences à des gangs armés et des terroristes agissant dans le cadre d'un complot étranger destiné à déstabiliser le pays.

Par ailleurs, les tensions ont débordé les frontières de la Syrie, provoquant des affrontements dans la ville de Tripoli dans le nord du Liban. Des batailles de rue opposant des sunnites libanais à des partisans alaouites du régime de Bachar el-Assad ont fait deux morts lundi, portant à au moins cinq victimes le bilan des affrontements depuis dimanche.

Un cessez-le-feu est censé être entré en vigueur en Syrie le 12 avril dernier, dans le cadre du plan de sortie de crise proposé par l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe Kofi Annan. Mais il n'a eu qu'un impact limité sur la réduction des violences, étant régulièrement violé par les partis.

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