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Syrie: 23 soldats tués lors de combats, nouvelles sanctions de l'UE

14/05/2012 05:33 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT
Au moins 23 soldats des troupes syriennes ont péri lundi dans de violents combats avec des rebelles hostiles au régime du président Bachar al-Assad contre lequel les Européens ont pris un nouveau train de sanctions.

Un déserteur a également été tué lors de ces affrontements à Rastane, dans la province de Homs (centre), une ville qui échappe au contrôle du régime depuis des mois et où sont retranchés de nombreux insurgés.

Des dizaines de militaires ont été blessées et trois blindés détruits dans ces échanges de tirs, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dimanche soir, l'armée a lancé un assaut contre Rastane après avoir "tiré pendant deux jours plus de 300 roquettes" sur la ville, a affirmé à l'AFP depuis Rastane le commandant Sami Kurdi, porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL) pour la région.

"L'armée a essayé de progresser en direction de la ville à l'aube mais elle a fait face à la résistance acharnée des soldats de l'ASL", a-t-il ajouté.

Un enfant y avait été tué par une roquette et des dizaines de civils blessés quelques heures avant que n'éclatent ces violents combats, a indiqué l'OSDH ajoutant que les violences ont fait au total lundi 33 morts à travers le pays.

Tandis que la Syrie s'enfonce dans le chaos, les affrontements confessionnels entre sunnites hostiles au régime et alaouites partisans du président Bachar al-Assad ont gagné le Liban voisin.

Depuis samedi soir, sept Libanais ont été tués dans ces violences à Tripoli, la principale ville du nord de ce petit pays longtemps sous tutelle politique et militaire de la Syrie voisine.

Les échanges de tirs, notamment au lance-roquettes, empêchaient toujours lundi l'armée de se déployer dans les quartiers en proie à ces troubles, fréquents à Tripoli.

Paris a condamné ces violences et appelé les Libanais à ne pas importer le conflit syrien.

A Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté leur 15e train de sanctions contre Damas, gelant les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées comme des sources de financement du régime.

Désormais, 128 personnes et 43 sociétés sont visées par ces sanctions qui ciblent notamment la Banque centrale. Un embargo sur le pétrole, les armes et le matériel pouvant servir à la répression a également été mis en place.

La communauté internationale n'est pas parvenue à faire cesser les violences en dépit de ces mesures de rétorsion et le déploiement de deux-tiers observateurs internationaux censés surveiller la trêve décrétée il y a un mois mais continuellement violée.

Depuis l'éclatement le 15 mars 2011 d'une révolte populaire inédite dans le pays, les violences ont fait plus de 12.000 morts, en majorité des civils abattus par les troupes, selon l'OSDH.

Au fil des mois, la contestation, entamée par des manifestations pacifiques, s'est militarisée et les combats se sont intensifiés en dépit des engagements du régime et de la rébellion à respecter le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan.

Outre le cessez-le-feu, ce plan prévoit l'ouverture d'un dialogue politique, un accès humanitaire dans tout le pays et la libération de prisonniers.

Actuellement,189 observateurs de l'ONU se trouvent en Syrie pour surveiller l'application de ce plan, que certaines composantes de l'opposition considèrent déjà comme un échec.

La Russie a estimé, comme son allié syrien, qu'Al-Qaïda et les groupes associés à ce réseau étaient "derrière les attentats" commis récemment en Syrie.

Pour Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabe et musulman, "Al-Qaïda n'est pas en Syrie. Mais il existe aujourd'hui quelques groupuscules de jihadistes qui optent pour (son) mode d'action".

Plusieurs attentats, dont celui qui a fait 55 morts jeudi à Damas, ont ainsi été revendiqués par un groupuscule inconnu avant la révolte, le Front Al-Nosra.

Mais, estime Salman Shaikh, directeur du centre Brookings à Doha, le "degré de sophistication" des attentats montre que ce groupuscule obscur aurait reçu l'aide de "forces professionnelles". Les renseignements syriens ont souvent été accusés de manipuler des jihadistes.

Sur le plan politique, Damas a annoncé que les résultats des législatives tenues il y a une semaine seraient proclamés mardi, justifiant ce délai par le fait que plusieurs circonscriptions ont été appelées à revoter après des fraudes.

bur-sbh/jt

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