Paul Watson: portrait d'un shérif des mers controversé

AFPQC  |  Par Publication: Mis à jour: 15/05/2012 12:28

Le militant canadien Paul Watson, détenu en Allemagne à la demande du Costa Rica qui veut le juger, a passé sa vie à défendre les baleines et les phoques en harcelant les pêcheurs avec des méthodes qui ont fait de ce "shérif des mers" un personnage controversé.

Réputé pour ses coups de force contre les chalutiers, M. Watson est le fondateur de l'organisation non gouvernementale Sea Shepherd ("Berger de la mer"), qui se consacre à la protection des océans. Il l'a créée en 1977 après une rupture avec Greenpeace.

Défenseur de l'"action directe", le Canadien a été arrêté dimanche à l'aéroport de Francfort en vertu d'une demande d'extradition du Costa Rica, qui l'accuse d'avoir mis en danger un équipage costaricien lors d'une opération contre la chasse aux requins en 2002.

Celui que les membres de l'ONG basée aux Etats-Unis appellent affectueusement le "Capitaine" avait déclaré dans un entretien à l'AFP en 2010 n'avoir de comptes à rendre qu'aux baleines ou aux phoques.

"La seule marine qui défend les océans, c'est la nôtre", avait ajouté ce marin à l'épaisse chevelure et à la barbe blanche.

"Les lois (qui protègent certaines espèces) existent, mais les Etats ne veulent pas les faire respecter. Ils ont peur des pêcheurs! Notre but est de protéger les océans, car s'ils meurent, nous mourrons tous", avait-il ajouté.

"Les seuls qui aient tout compris étaient les Polynésiens: quand ils découvraient qu'il y avait moins de poissons dans une zone, ils la mettaient en jachère 20, 30 ans, et si quelqu'un y pêchait... ils le tuaient".

Si ça ne tenait qu'à lui, il faudrait mettre plusieurs mers en jachère totale pendant 40 ans, dont la Méditerrannée, pour protéger les populations de thons.

Armé de son charisme, son ton provocateur, son discours percutant et alarmiste, Paul Watson, qui a débuté comme garde-côtes au Canada, multiplie conférences et interviews, quand il n'est pas en mer.

Il ne manque aucune campagne depuis qu'il a créé Sea Shepherd, après avoir quitté Greenpeace dont il est l'un des co-fondateurs et qu'il critique pour ses méthodes, trop molles à ses yeux.

Il a participé à déjà plus de 200 opérations musclées, médiatisées, pour sauver phoques, dauphins, thons, requins, et baleines.

L'objectif? Empêcher les pêcheurs d'agir et alerter le grand public.

La méthode? Jeter du beurre rance à l'odeur pestilentielle sur les ponts pour gêner l'équipage et contaminer la viande, bloquer les hélices à l'aide de cordes ... et surtout pousser les bateaux à fuir.

Son organisation n'a pas hésité non plus à éperonner en 1979 le baleinier Sierra, qui a coulé dans le port de Lisbonne, même si elle assure tout faire pour "ne mettre personne en danger".

Des méthodes de "terroristes", selon les autorités japonaises. Une étude publiée en 1998 par le Service canadien du renseignement de sécurité (contre-espionnage) associait de son côté la Sea Shepherd au "terrorisme lié à une cause particulière", en l'occurence les droits des animaux et l'environnement.

Fin décembre 2009, le trimaran dernier cri de l'ONG a fini au fond de l'océan, percuté par un des baleiniers japonais qui, en Antarctique, contournent le moratoire sur la chasse aux cétacés au nom de la "recherche scientifique". Depuis, il reste trois bateaux à l'organisation, dont un trimaran, le "Brigitte Bardot".

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Publié par Geoffrey Dirat  |