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Mystère au Vatican: la police exhume un malfaiteur italien dans une basilique romaine

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VATICAN
Getty Images

ROME - Près de 30 ans après, les enquêteurs italiens tentent de percer l'une des grandes énigmes du Vatican, l'affaire Emanuela Orlandi. La police scientifique est ainsi descendue lundi dans la crypte d'une basilique romaine pour exhumer le corps d'un malfaiteur qui pourrait être lié à la disparition de cette adolescente, fille d'un employé du Saint-Siège. Mais le mystère s'est peut-être encore épaissi: les enquêteurs ont découvert des dizaines de boîtes contenant des ossements non loin de la dépouille.

L'exhumation d'Enrico De Pedis, figure du grand banditisme romain, membre de la bande de la Magliana, tué en 1990, a mis en effervescence les médias italiens. Elle visait entre autres à vérifier l'une des hypothèses apparues récemment, celle que l'adolescente disparue en 1993 ait pu être enterrée avec le malfrat, qui repose étonnamment dans la basilique Saint Apollinaire, près de la célèbre place Navone, au coeur de la capitale italienne.

Le frère de la disparue, Pietro Orlandi, se trouvait sur place lundi pour l'exhumation avec les avocats de la famille De Pedis. Il a expliqué que des échantillons de la dépouille avaient été prélevés pour des analyses complémentaires et que le tombeau avait été refermé. Il a ajouté que le corps était relativement bien conservé, précisant que le tombeau ne contenait qu'un seul cadavre, celui d'un homme.

Mais Lorenzo Radogna, un avocat de la famille De Pedis a ensuite rapporté que les enquêteurs avaient trouvé quelque 200 conteneurs, avec des ossements près du tombeau de De Pedis, et qu'ils allaient faire l'objet d'analyses dans les prochains jours.

Emanuela Orlandi avait 15 ans quand elle a disparu, en 1983, après avoir quitté l'appartement familial, au coeur de la Cité du Vatican, pour aller à son cours de musique à Rome. Son père était l'un des employés laïcs du Saint-Siège.

Des années après, en 2005, une émission télévisée d'avis de recherche avait reçu un appel téléphonique anonyme affirmant que la solution de l'énigme se trouvait dans la tombe de De Pedis.

Trois ans plus tard, en 2008, la presse italienne a rapporté qu'une ancienne petite amie du malfaiteur avait affirmé aux procureurs qu'Emanuela avait été enlevée par la bande de la Magliana, sur ordre de l'archevêque Paul Marcinkus. Ce prélat américain, aujourd'hui décédé, avait dirigé la banque du Vatican et son nom avait été mêlé à un énorme scandale bancaire de l'Italie des années 80, même s'il a toujours clamé son innocence. À l'époque, le Vatican avait jugé le témoignage de la petite amie de De Pedis «extrêmement douteux».

Devant les efforts pour relancer l'enquête, le Vatican a fait savoir le mois dernier qu'il ne s'opposait pas à l'exhumation dans la basilique Saint Apollinaire. Dans un long communiqué, le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, avait assuré que le Saint-Siège avait tout fait pour que la disparition d'Emanuela Orlandi soit résolue.

Lundi, alors qu'un prêtre célébrait la messe, la police scientifique est descendue dans la crypte de la basilique. Dehors, les équipes de télévision se disputaient la vue sur l'intérieur de l'édifice et tentaient de filmer les allées et venues des véhicules de police dans la cour adjacente de l'université pontificale de la Sainte Croix, gérée par l'Opus Dei.

Dans l'air imprégné d'une forte odeur de pourriture, des personnels scientifiques en combinaisons blanches et masques croisaient des prêtres en soutanes noires pour entrer dans une tente bleue où auraient été apportés les échantillons des restes de De Pedis.

Pendant un temps, certains s'étaient demandés si la disparition d'Emanuela Orlandi n'avait pas un lien avec la tentative d'assassinat de Jean Paul II, survenue deux ans plus tôt, et l'incarcération de l'homme qui avait tiré sur le pape, Mehmet Ali Agca. Et la volonté du Vatican de coopérer pleinement avec l'enquête avait parfois été mise en doute.

Le lieu de sépulture d'Enrico De Pedis au coeur de Saint-Apollinaire, inhabituel pour un malfaiteur notoire, a aussi alimenté longtemps les spéculations. Autre particularité, le recteur de la basilique, Mgr Pedro Huidobro, qui conversait lundi avec les personnels scientifiques, a par ailleurs été un médecin-légiste avant d'être ordonné prêtre.

Le cercueil d'Enrico De Pedis devrait être transféré dans les prochains jours sur un autre site pour y être enterré, selon les médias italiens.

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