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Mali: la Cédéao condamne les agissments de l'ex-junte, menace de sanctions

14/05/2012 12:46 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT
Les dirigeants ouest-africains ont à nouveau menacé d'imposer des sanctions au Mali, accusant l'ex-junte militaire de "perturber la transition politique" et de "déstabiliser" le pays.

Dans un communiqué, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) affirme avoir observé avec "une profonde inquiétude" les récents agissements des auteurs du coup d'Etat du 22 mars "et de leur partenaires civils".

Ceux-ci visent "clairement à perturber la transition politique et à déstabiliser encore davantage" le Mali, dénonce l'organisation qui "condamne fermement" cette attitude.

Si le "Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat" (CNRDRE, ex-junte) et ses alliés ne "réaffirment pas clairement leur engagement envers l'accord de transition dans les prochains jours", la Cédéao "réintroduira immédiatement les sanctions ciblées qui avaient été imposées", le 2 avril puis levées le 6 avril après la signature de l'accord.

Le capitaine Amadou Sanogo, chef du CNRDRE, a officiellement remis le pouvoir aux civils aux termes de l'accord de retour à l'ordre constitutionnel signé le 6 avril avec la Cédéao.

L'ex-junte reste cependant très présente sur la scène politique et ne cède pas sur les modalités de la transition, laissant le champ libre aux islamistes dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), rebelles touareg et groupes criminels armés qui ont pris depuis un mois et demi le contrôle du nord du Mali.

Depuis le 12 avril, le pays est théoriquement dirigé par Dioncounda Traoré pour un intérim de 40 jours qui doit s'achever le 22 mai selon la Constitution. L'ex-junte tient à ce délai et s'oppose sur ce point à la Cédéao qui, après avoir fixé une durée de la transition à 12 mois, n'a plus évoqué de calendrier lors d'un sommet à Dakar le 3 avril.

Depuis, des pourparlers laborieux se sont déroulés entre l'ex-junte et les médiateurs de la Cédéao, qui ont quitté Bamako la semaine dernière sans accord sur le nom du prochain chef de la transition.

Le 2 avril, la Cédéao avait décidé un embargo total, avec effet immédiat, contre le pays sahélien de 15 millions d'habitants. Il comprenait notamment la fermeture des frontières des Etats membres de la Cédéao avec le Mali, sauf à des fins humanitaires, et du gel des comptes du Mali à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

bur-smo/jpc

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