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Le Soudan rejette l'appel de l'ONU à négocier avec la rébellion

14/05/2012 12:23 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT
Le Parlement soudanais a rejeté lundi l'appel de l'ONU à négocier avec les rebelles qui opèrent sur son territoire et a également interdit aux agences humanitaires d'accèder aux zones contrôlées par la rébellion dans deux Etats fédérés du sud du pays.

"Nous rejetons les négociations" avec la branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N), a déclaré devant la chambre Mohammed Al-Hassan Al-Amin, responsable de la commission parlementaire des Affaires étrangères.

Le SPLM-N, qui opère dans les Etats soudanais du Nil Bleu et du Kordofan-Sud, est un ancien allié des rebelles qui dirigent aujourd'hui le Soudan du Sud, devenu indépendant en juillet 2011 après près de vingt ans de guerre civile (1983-2005).

Dans sa résolution du 2 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU avait sommé Khartoum et les rebelles du SPLM-N à négocier un accord sous l'égide de l'Union africaine, afin d'apaiser la tension entre les deux Soudans.

En conflit notamment sur le tracé des frontières, les deux voisins s'accusent mutuellement de soutenir des groupes rebelles sur leurs territoires respectifs.

Le Parlement soudanais a également "refusé d'autoriser l'acheminement de l'aide humanitaire internationale vers les zones rebelles du Nil Bleu et du Kordofan-Sud", a ajouté M. Al-Amin.

Le Soudan avait déjà avancé des raisons sécuritaires pour justifier l'interdiction d'accéder à ces zones, dont les journalistes sont également exclus.

Depuis plusieurs mois, l'ONU et d'autres organisations affirment qu'elles doivent pouvoir accéder à l'ensemble des zones de conflit afin d'évaluer les besoins de la population et éviter une crise humanitaire.

Fin avril, l'ONU avait fait état d'un nombre croissant de réfugiés affamés fuyant les combats entre Khartoum et le SPLM-N.

Les tensions dans la région n'ont cessé de s'intensifier depuis l'indépendance du Soudan du Sud en raison de différends jamais réglés, parmi lesquels la délimitation de la frontière commune, le partage des revenus pétroliers et le statut de zones contestées.

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