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La Pologne compte sur l'aide du Canada pour les gaz de schiste

14/05/2012 08:34 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, en visite au Canada, s'est félicité lundi de "l'intérêt" des entreprises canadiennes spécialisées dans les gaz de schiste quant aux possibilités d'en extraire en Pologne ¨à l'échelle industrielle" d'ici trois ans.

Il a exprimé cette opinion devant les journalistes après une rencontre avec des hauts responsables de plusieurs compagnies canadiennes, dont Talisman, Nexen et Encana, ainsi que l'Association canadienne des producteurs de pétrole (CAPP).

L'exploration des gaz de schiste était l'un des sujets majeurs de sa visite de trois jours au Canada, qu'il a terminée lundi soir.

"Nos interlocuteurs canadiens sont plus optimistes que nous. Ils pensent que si tout va bien, dans trois ans on pourra entamer l'exploitation industrielle de gaz de schiste en Pologne", a dit M. Tusk, qualifiant les groupes canadiens d'"alliés très précieux".

"Nos partenaires canadiens attendaient une rencontre qui confirme la volonté politique du gouvernement polonais d'appuyer les travaux pour l'exploitation des gaz de schiste et d'assurer la stabilité légale et fiscale" pour cette activité, a-t-il expliqué.

"Pour qu'ils sachent qu'ils n'investissent pas en Pologne beaucoup d'argent pour qu'ensuite nous les rançonnions sans retenue", a insisté le Premier ministre.

La Pologne recèle d'importantes réserves de gaz de schiste, même si les estimations ont été récemment revues à la baisse. Les sociétés canadiennes Talisman et Nexen ont déjà obtenu des concessions d'exploration et Encana a entamé une procédure en ce sens.

Auparavant, à l'issue d'un entretien avec son homologue Stephen Harper et après la signature d'une convention fiscale, M. Tusk a exalté l'amitié entre son pays et le Canada, déclarant que la Pologne était prête à "représenter les intérêts du Canada dans toute l'Union européenne".

Lors d'une conférence de presse, les deux hommes ont affirmé leur volonté de coopérer dans le domaine de la sécurité énergétique et proclamé que l'exploitation des schistes devait d'une part respecter l'environnement et d'autre part assurer l'approvisionnement en énergie.

M. Tusk a tutoyé M. Harper, en le qualifiant de "cher ami" et déclaré que depuis la visite de ce dernier à Gdansk, sa ville natale, en 2008, "ils se comprenaient bien mieux que cela n'arrive d'habitude entre hommes politiques".

Le Premier ministre polonais a situé les rapports bilatéraux sur un double plan, l'attachement sentimental créé par la présence au Canada de "centaines de milliers" de ses compatriotes immigrés, et la coopération économique, illustrée par l'investissement récent de 2,9 milliards de dollars par le groupe de cuivre polonais KGHM dans Quadra, une mine de la région de Sudbury, en Ontario.

Prenant à nouveau la parole lors d'une réception en fin de journée, il a lancé un appel discret aux compagnies canadiennes, en relevant que les investissements polonais au Canada représentaient aujourd'hui un montant "huit fois plus important" que ceux du Canada en Pologne.

De son côté, M. Harper, lui aussi très chaleureux à l'égard de son invité, a annoncé un don du Canada de 400.000 dollars à la fondation Auschwitz-Birkenau, destinée à aider celle-ci à préserver la mémoire des victimes de ce camp d'extermination nazi allemand situé en Pologne.

Un groupe d'immigrés polonais hostiles au gouvernement de M. Tusk et réclamant une enquête internationale sur la catastrophe aérienne de Smolensk en Russie ou le président Lech Kaczynski avait péri le 10 avril 2010, ont manifesté lundi soir devant le parlement fédéral d'Ottawa.

via/sj

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