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JPMorgan sacrifie une dirigeante après ses 2 milliards de pertes

14/05/2012 12:57 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT
JPMorgan Chase a sacrifié lundi sa directrice des investissements Ina Drew, l'une des femmes les plus puissantes de Wall Street, quatre jours après la révélation d'une perte d'au moins 2 milliards de dollars pour la première banque américaine.

L'établissement a annoncé par ailleurs la constitution d'une équipe de travail réunissant plusieurs dirigeants afin de "tirer des enseignements et fixer les meilleures pratiques dans l'ensemble de la firme" à la suite de ces pertes dans les activités de courtage.

Dans un communiqué, le PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a rendu hommage à Mme Drew, qui a fait une carrière de 30 ans dans la société. Selon le New York Times, elle aurait présenté plusieurs fois sa démission depuis l'émergence fin avril des pertes cumulées, mais M. Dimon aurait longtemps refusé de l'accepter.

Selon la presse, la purge à la tête de la banque pourrait se poursuivre à Londres. Le Wall Street Journal a évoqué dimanche la possibilité qu'Achilles Macris, responsable de la salle des marchés de Londres à l'origine des pertes, et un des membres de son équipe, Javier Martin-Artajo, soient également poussés vers la sortie.

De son côté, M. Dimon a tenu a rappeler que l'existence de JPMorgan, la plus grosse banque américaine, n'était pas menacée.

"Nous gardons un bilan en béton et un capital solide qui nous permettent de résister à des revers comme celui-là. Nous tirerons des leçons de nos fautes et resterons concentrés sur nos clients qui comptent sur nous chaque jour", a-t-il déclaré.

Cela n'empêchait pas l'action de la banque de perdre encore 1,70% à Wall Street à la mi-journée. Le titre avait déjà reculé de 9,28% vendredi.

Chez Miller Tabak & Co, l'analyste Thomas Mitchell refusait de céder à la panique: "nous pensons que la perte dans le courtage est un événement isolé, et que la réaction de M. Dimon a été franche et décidée, le genre de réaction dont tout actionnaire ne peut que rêver vu les circonstances".

Les analystes de Sterne Agee en revanche estimaient que ces pertes avaient de quoi inquiéter pour la santé de l'ensemble du secteur du courtage. "A notre avis, les risques s'accélèrent pour les maisons de courtage, notamment la possiblité de nouveaux abaissements sévères de note par Moody's, la poursuite des risques européens, l'accélération de la régulation et le durcissement de la position de la Fed vis-à-vis de la 'règle Volcker' (ndlr: censée limiter la prise de risque par les banques généralistes), ainsi que la probable diminution des recettes et de la rentabilité".

A la chaîne de télévision CNBC, un journaliste s'amusait à imaginer que M. Dimon, démocrate notoire, aurait été un "agent-double" au service de l'administration Obama, critiquant la règle Volcker en public mais laissant éclater un scandale qui revient à la promouvoir.

De fait, la Maison Blanche n'a pas laissé passer l'occasion de défendre la nécessité de réformer Wall Street.

"Cet événement ne fait que souligner la raison pour laquelle il était si important de faire adopter la réforme de Wall Stret, et pourquoi il est si important d'appliquer complètement" cette réforme, a déclaré le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney.

chr/sab/bar

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