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Hollande lance le combat des législatives, à la veille de son investiture

14/05/2012 02:59 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT

PARIS - François Hollande a participé pour la dernière fois lundi soir au conseil national du Parti socialiste, avant son investiture mardi matin à l'Elysée. Le président-élu a appelé à un «vote de cohérence» lors des élections législatives des 10 et 17 juin, souhaitant une majorité «large, solide et loyale».

Aucun des responsables du parti pressentis pour entrer au gouvernement n'a laissé échapper d'indice, malgré les sollicitations de la presse, devant la salle de la Mutualité à Paris. Le Premier ministre doit être désigné mardi — un poste pour lequel Jean-Marc Ayrault est donné favori — tandis que le gouvernement devrait être connu dès mercredi, a précisé Pierre Moscovici, qui a dirigé la campagne du candidat socialiste.

Lors des législatives, «c'est un vote de cohérence qui doit être fait», a souhaité François Hollande.

«La majorité doit être large, solide et loyale pour soutenir le gouvernement, (...) pour prendre des initiatives et pour rehausser le rôle du Parlement avec des institutions qui seront rénovées. Voilà l'enjeu», a-t-il lancé, prenant la parole à la fin du conseil national du PS consacré au lancement de la campagne.

M. Hollande a rappelé devant tous les ténors du parti la règle qu'il s'est fixée pour son quinquennat.

«Je ne participerai plus à aucune instance partisane», a-t-il assuré. «Je n'accueillerai à l'Elysée aucun parlementaire.»

«Il y aura bien sûr des consultations régulières qui feront que le président de la République interrogera, concertera, mais il n'y aura plus de ces assemblées qui n'ont pas à être tenues à l'Elysée», a-t-il répété, faisant référence aux réunions de la majorité régulièrement organisées par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

Venu dire sa «gratitude» et sa «reconnaissance» aux responsables socialistes, François Hollande a notamment souligné «l'unité» qui a été «au rendez-vous» dans un parti souvent sujet aux luttes intestines. «C'est ce qui a permis la victoire», a-t-il affirmé, très applaudi.

«François Mitterrand avait montré par sa ténacité comment une campagne pouvait permettre l'aboutissement d'un rêve: l'alternance», a-t-il souligné, avant de rendre hommage à Lionel Jospin, candidat malheureux à la présidentielle, éliminé dès le premier tour en 2002, et Ségolène Royal, battue en 2007 par Nicolas Sarkozy, qui «nous ont permis aussi d'apprendre et de comprendre».

L'ex-compagne de François Hollande a fait savoir qu'elle n'assisterait pas à la cérémonie de la passation de pouvoir mardi matin à l'Elysée mais qu'elle serait présente à la mairie de Paris, où le président tout juste investi fera étape dans l'après-midi. Il s'envolera ensuite pour Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel.

Se gardant de répondre aux questions sur son éventuelle arrivée à Matignon, Jean-Marc Ayrault a dit avoir "la pêche d'avoir François Hollande comme président".

«Les Français ont besoin d'une situation de stabilité, d'une cohérence et donc je suis convaincu qu'ils choisiront de donner à François une large majorité à l'Assemblée nationale», a ajouté le député-maire de Nantes.

Très souriante, se disant «sereine», Martine Aubry, a elle aussi éludé les questions sur ses ambitions gouvernementales, confiant seulement avoir eu «deux fois» François Hollande au téléphone lundi.

«Vous voyez, on n'arrête pas de s'appeler, mais vous ne saurez jamais ce qu'il me dit», a lancé la Première secrétaire du PS aux journalistes.

Tout aussi mystérieux, Pierre Moscovici a précisé avoir «passé une partie de la journée» avec le président-élu. Mercredi, «je serai où François Hollande décidera que je suis», a-t-il commenté.

«Jusque-là, il faut être patient. François Hollande est très discret sur ces questions, je pense qu'il compose ça dans sa tête, et puis il le fera avec le Premier ministre», a-t-il ajouté.

Quant à Bertrand Delanoë, dont le nom est parfois cité comme ministrable, il s'est dit «détendu», évoquant sa relation «simple, confiante, amicale et naturelle, harmonieuse» avec le président-élu.

«Je fais confiance à François Hollande», a assuré le maire de Paris.

«Il va faire une belle équipe paritaire.»

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