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Fronde étudiante au Québec: la ministre de l'Education démissionne

14/05/2012 03:55 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT

La ministre de l'Education du Québec Line Beauchamp a annoncé lundi sa démission après trois mois d'un conflit estudiantin sans précédent provoqué par l'annonce de la hausse de 82% des frais de scolarité sur sept ans.

Elle a pris cette décision à la suite du rejet par les étudiants d'une proposition du gouvernement provincial pour sortir de la crise, affirmant avoir perdu confiance dans la volonté des dirigeants étudiants de trouver une solution.

Line Beauchamp, visiblement émue, a annoncé sa décision lors d'un point de presse retransmis en direct à la télévision: "Je ne démissionne pas devant l'intimidation. Je ne cède pas devant le vandalisme, devant la désobéissance civile (...) Je démissionne parce que j'estime que je ne fais plus partie de la solution".

La ministre, qui abandonne également son mandat de députée libérale, a tenté d'expliquer sa décision.

"Après tous les gestes posés par le gouvernement, après tous nos efforts, j'en arrive à la conclusion personnelle que j'ai perdu confiance en la volonté des leaders étudiants quant à la recherche d'une véritable sortie de crise. Personnellement, à titre de ministre de l'Education, je n'ai jamais réussi à leur faire faire un compromis. Alors moi, personnellement, j'ai fait l'ultime compromis que je puisse faire, je cède la place."

Le Premier ministre québécois, Jean Charest, qui était à ses côtés au moment de l'annonce, a insisté sur le "choix personnel" de sa ministre et lui a rendu hommage.

La démission de Mme Beauchamp intervient au début de la quatorzième semaine de grève et de manifestations de 165.000 étudiants québécois, parfois émaillées d'incidents violents.

Le dernier accord proposé par le gouvernement prévoit une augmentation des droits de scolarité à l'université de 1.780 dollars sur sept ans, au lieu de cinq ans initialement, pour arriver à près de 4.000 dollars par année, plus près de la moyenne nord-américaine.

En contrepartie, les prêts et bourses augmenteraient également et les frais annexes imposés aux étudiants par les universités pourraient être réduits, mais sans que cela ne soit assuré.

vs/via/bar

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