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Accord pour la levée de la grève de la faim des détenus palestiniens d'Israël

14/05/2012 01:15 EDT | Actualisé 14/07/2012 05:12 EDT
Les prisonniers palestiniens en Israël et l'administration pénitentiaire ont signé lundi un accord sous médiation égyptienne pour lever la grève de la faim de plus d'un millier de détenus palestiniens, un mouvement inédit dont la prolongation risquait de dégénérer en violences.

Israël a accédé aux trois principales revendications des grévistes: levée de la détention administrative, de l'isolement carcéral et autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza, en échange d'un engagement signé à "s'abstenir de tout acte de terrorisme" ainsi que de toute nouvelle grève de la faim.

"Tous les mouvements palestiniens ont signé un accord dans la prison d'Ashkelon (sud d'Israël) pour arrêter la grève de la faim", a déclaré à l'AFP le président du Club des prisonniers palestiniens, Qaddoura Farès.

L'avocat palestinien Jawad Boulos s'est ensuite rendu à la prison israélienne de Ramlé pour informer de l'accord les deux grévistes les plus emblématiques, Bilal Diab et Thaer Halahla, qui ont cessé de s'alimenter depuis 76 jours. Ces derniers, membres du groupe radical Jihad islamique, devaient faire connaître leur décision de poursuivre ou non leur grève de la faim.

A Gaza, le Hamas a salué une "victoire de la dignité", alors que des familles de prisonniers laissaient éclater leur joie et que, selon un communiqué, des dizaines de milliers de partisans du mouvement islamiste célébraient l'accord dans le nord du territoire palestinien.

Au moins un tiers des quelque 4.700 détenus palestiniens d'Israël (dont près de 310 en détention administrative) étaient en grève de la faim à la suite d'un mouvement collectif lancé le 17 avril, sept autres ayant cessé de s'alimenter depuis un mois et demi à deux mois et demi.

La porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne, Sivan Weizman, a confirmé la conclusion d'un accord "conclu à la suite d'ententes formulées ces derniers jours".

Le service de sécurité intérieure, le Shin Bet, a affirmé dans un communiqué que "tous les détenus administratifs cessaient leur grève de la faim", ce qui n'a pas été confirmé de sources palestiniennes.

"Tous les détenus administratifs seront libérés à l'issue de leur période de détention en cours, à moins que de nouvelles preuves ne soient présentées contre eux", selon le texte.

Les délégués des prisonniers ont signé un engagement à "s'abstenir de toute activité constituant un soutien effectif au terrorisme", souligne le Shin Bet, citant notamment le recrutement ou le financement d'opérations, précisant que leur paraphe engage "tous les prisonniers de sécurité, de toutes les organisations et dans toutes les prisons israéliennes".

"En réponse à la demande du président palestinien Mahmoud Abbas, Israël a négocié l'arrêt de la grève de la faim", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Mark Regev, disant "espérer que ce geste servira à établir la confiance entre les parties et conduire à la paix".

Le gouvernement Netanyahu a également décidé de "faire un geste en faveur du président Abbas et de remettre à l'Autorité palestinienne les dépouilles de cent terroristes qui ont trouvé la mort lors d'attaques", a indiqué un porte-parole du Premier ministre, Ofir Gendelman, sur son compte twitter.

Le sort des prisonniers a dominé la rencontre du président palestinien samedi soir avec Yitzhak Molcho, l'émissaire personnel de M. Netanyahu, venu lui remettre une lettre sur le processus de paix.

M. Abbas a mis en garde dimanche contre "une énorme catastrophe" en cas de décès d'un des grévistes de la faim.

Une dirigeante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, a salué "la victoire des grévistes de la faim" dans un communiqué, estimant qu'elle démontrait que "la résistance non violente est un outil essentiel dans notre lutte pour la liberté".

Les détenus réclament l'abolition de l'isolement carcéral et de la détention administrative, qui permet l'incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment, ainsi que des visites pour les prisonniers de Gaza.

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