Le numéro 4 de la LRA capturé par l'armée ougandaise en Centrafrique

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NZARA (Soudan du Sud), 13 mai 2012 (AFP) - Caesar Acellam, numéro 4 de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), rébellion tristement réputée pour ses enlèvements d'enfants et ses mutilations de civils, a été fait prisonnier en Centrafrique par l'armée ougandaise.

Il a été tranféré dimanche dans la petite ville sud-soudanaise de Nzara, à la frontière avec la République démocratique du Congo, au quartier-général des forces régionales mandatées par l'Union africaine (UA) pour traquer la LRA, qui se déplace dans la région depuis qu'elle a été chassée d'Ouganda en 2006.

L'homme, de grande taille, âgé de 49 ans et qu'une vieille blessure fait claudiquer, doit y subir des contrôles médicaux.

Un journaliste de l'AFP avait pu le rencontrer auparavant à Djema en Centrafrique, dans un camp de l'armée ougandaise, où il avait été emmené après sa capture.

"Le général de division, Caesar Acellam, qui a combattu dans la jungle depuis 1984, est désormais entre les mains de l'UPDF" (armée ougandaise), a déclaré en parlant de lui-même le prisonnier à des journalistes emmenés sur place par l'armée ougandaise.

Acellam est le plus haut responsable de la LRA capturé à ce jour. Il en est le n°4 juste derrière ses trois principaux chefs, Joseph Kony, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen, tous recherchés par la Cour pénale internationale (CPI).

Le mandat d'arrêt de la CPI vise également un quatrième homme, Vincent Otti, historiquement commandant en second et vice-président de la LRA, mais dont tout porte à croire qu'il est mort.

"Il s'agit d'un gros poisson", a estimé le porte-parole de l'armée ougandaise, Felix Kulayigye, qui a précisé qu'il avait été capturé samedi matin près de la frontière centrafricaine avec la RDC après un bref échange de tirs avec des soldats ougandais, à l'issue duquel il s'est rendu.

Il était en compagnie seulement d'une Ougandaise, d'une adolescente centrafricaine et d'un bébé, qui n'ont pas été blessés et sont entre les mains de l'armée ougandaise.

Selon des sources militaires ougandaises, les unités ougandaises l'ont attendu durant trois semaines en embuscade après avoir suivi la trace de son groupe d'une trentaine de combattants.

Caesar Acellam s'est cependant séparé de ses hommes il y a quelques jours, pour une raison pour l'heure inconnue.

L'armée ougandaise est à la pointe de la force régionale chargée, avec le soutien de forces spéciales américaines, de traquer la LRA et plus particulièrement Joseph Kony.

L'arrestation de Caesar Acellam "est un grand pas pour nous vers la fin de la rébellion", a estimé Félix Kulayigye.

Créée à la fin des années 80 dans le nord de l'Ouganda, la LRA est sinistrement connue pour ses enlèvements d'enfants, qu'elle transforme en combattants ou en esclaves, et pour ses mutilations de civils.

Depuis qu'elle a été chassée d'Ouganda, elle opère depuis les autres pays de la région - Centrafrique, Soudan du Sud, Soudan, et République démocratique du Congo (RDC). Les forces ougandaises ne sont autorisées à intervenir ni RDC ni au Soudan.

Joseph Balikudembe, commandant en chef de l'opération ougandaise, a récemment estimé que la combinaison de l'aide américaine, de l'affaiblissement de la LRA et des unités de traque mises en place par Kampala pourraient permettre "d'affaiblir et éliminer la LRA".

Le mois dernier, une vidéo controversée de l'ONG américaine Invisible Children sur Joseph Kony avait jeté un coup de projecteur sur la LRA, faisant sensation sur internet.

Le 10 mai, le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a prédit que Joseph Kony, serait "arrêté ou tué avant la fin de cette année".

Le lendemain, le représentant spécial de l'ONU pour l'Afrique centrale Abou Moussa avait révélé que les troupes aux trousses de Kony le contraignaient à se déplacer sans arrêt. Après l'avoir un temps pensé en Centrafrique, M. Moussa a indiqué que le fugitif pourrait désormais se trouver au Darfour, une région de l'ouest du Soudan ravagée par la guerre civile depuis 2003.

Kony, un ex-enfant de choeur semi-analphabète, a pris en 1988 la tête de la LRA dont l'objectif était de remplacer le gouvernement à Kampala par un régime fondé sur les Dix commandements.