La question de la réforme du Sénat semble de moins en moins importante

PC  |  Par Publication: 13/05/2012 16:47 Mis à jour: 15/05/2012 12:15

OTTAWA - Pendant longtemps, la réforme du Sénat a été une pierre angulaire politique pour les conservateurs, les membres de l'ancien Parti réformiste et les mécontents de l'Ouest.

Le Sénat triple-E — pour élu, égal et efficace — était à la fois un dogme politique et un cri de ralliement.

Cette question a contribué à la poussée du Parti réformiste et des conservateurs du premier ministre Stephen Harper. C'était le mantra de la droite, la voie vers la réelle égalité pour les régions.

Ce n'est plus vraiment le cas. Ses partisans purs et durs de l'idée remettent celle-ci en question.

Même le dirigeant partant d'un groupe de réflexion de l'Ouest du pays s'étant prononcé pendant des décennies en faveur d'une réforme du Sénat a changé son fusil d'épaule.

Roger Gibbins, qui quittera plus tard ce mois-ci ses fonctions de président et chef de la direction de la Canada West Foundation, s'est joint au premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, et à Tom Flanagan, ancien stratège de campagne de M. Harper, parmi le groupe des personnes influentes de l'Ouest qui sont parvenues à la conclusion que la réforme du Sénat — telle qu'actuellement envisagée — était inutile ou malavisée.

Les opinions dissidentes se font entendre alors que la réforme du Sénat est plus que jamais proche de la réalité, les conservateurs, majoritaires tant aux Communes qu'à la Chambre haute, pouvant accélérer l'adoption de toute loi jugée prioritaire.

Pourtant, un projet de loi visant à limiter à neuf ans la durée des mandats des sénateurs et à encourager la tenue d'élections sénatoriales à l'échelle des provinces est en train de s'enliser dans le processus législatif.

Bien que Tim Uppal, ministre de la réforme démocratique de M. Harper, ait présenté le projet de loi C-7 comme l'une de ses priorités, il est difficile de ne pas penser que la question de la réforme du Sénat a perdu de son importance.

«Je crois que la nouvelle réalité est qu'on ne peut pas former un gouvernement national sans force dans l'Ouest du Canada», a affirmé M. Gibbins, professeur à l'Université de Calgary, lors d'un entretien accordé à La Presse Canadienne.

«Le Sénat était une sorte de Saint-Graal dans des parties de l'Ouest canadien, la façon d'avoir une voix régionale au sein du gouvernement national. Si les gens commencent à se dire qu'ils auront cette voix de toute façon, la réforme du Sénat devient moins cruciale», a-t-il ajouté.

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OTTAWA - Pendant longtemps, la réforme du Sénat a été une pierre angulaire politique pour les conservateurs, les membres de l'ancien Parti réformiste et les mécontents de l'Ouest.Le Sénat tripl...
OTTAWA - Pendant longtemps, la réforme du Sénat a été une pierre angulaire politique pour les conservateurs, les membres de l'ancien Parti réformiste et les mécontents de l'Ouest.Le Sénat tripl...
Publié par Myriam Lefebvre  | 
 
 
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05:54 sur 14/05/2012
Une autre hypocrisie de Harper, qui a fait grand cas dans sa campagne en 2006 de la réforme du Sénat; il avait même promis qu'il ne nommerait aucun sénateur tant que le Sénat ne serait pas élu. À tous ceux qui disent qu'au moins Harper tient ses promesses, il n'a pas tenu celle-là. En plus d'aller repêcher un sénateur pour le faire ministre (pas si scandaleux que ça, un non-élu, finalement?) il a depuis nommé quantité de sénateurs, entre autres parmis ses amis et plusieurs anciens députés/ministres défaits (Josée Verner, par exemple).
Et depuis que le Sénat comporte beaucoup de Conservateurs, tiens, il ne parle plus de le réformer. Ben coudon.
Pour ma part j'estime que ce n'est pas nécessairement un mal que des gens étudient les lois proposées sans perspective électoraliste. Il me semble que des sénateurs élus chambouleraient l'équilibre de ce côté. Il y aurait matière à réforme dans leur choix qui pourrait être plus objectif, cependant, et sa composition qui pourrait être davantage un aboutissement professionnel plutôt qu'une fin de carrière de luxe pour une variété de privilégiés aux carrières très diverses (des anciens juges aux humoristes comme Jean Lapointe).