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Fronde dans les rangs de la police tunisienne

13/05/2012 08:11 EDT | Actualisé 13/07/2012 05:12 EDT
TUNISIA, Tunisia - A peine remise en selle après les troubles post-révolution, la police tunisienne est secouée par des remous à la suite notamment de l'assassinat présumé d'un de ses membres dans la région de Kairouan (centre). A l'appel du Syndicat des forces de sécurité intérieure (SFSI), des manifestations sont prévues ce dimanche dans le pays pour attirer l'attention du pouvoir sur "les dangers qui menacent les agents de l'ordre au centre de règlements de compte".

Le syndicat, cité par l'agence officielle TAP, accuse le ministre de tutelle de "fuir ses responsabilités vis-à-vis de ses subordonnés qui deviennent désormais les cibles de liquidations physiques, privant le citoyen de son droit à la sécurité".

Selon les médias, le policier Jalloul Issaoui a été écrasé à plusieurs reprises mercredi par un automobiliste à sa sortie du poste où il était affecté. L'homme aurait été arrêté par le passé par Issaoui avant d'être relâché. D'après certains journaux, il aurait proféré des menaces de mort avant le drame.

Celui-ci a mis en émoi la population et le corps des forces de sécurité, dont le syndicat a décrété un deuil de trois jours avec port de brassard noir pour dénoncer "les atteintes répétées et permanentes" contre ses membres.

Samedi, la sous-préfecture de Sidi Amor Bouhajla où a été perpétré l'assassinat présumé a été paralysée par une grève générale pour protester contre "la dérive sécuritaire et l'absence des attributs de développement et d'opportunités d'emploi dans la région", a rapporté la TAP.

Le SFSI a aussi demandé une audience à l'Assemblée nationale constituante pour présenter "les revendications pressantes" des forces de sécurité intérieures et du corps de la douane. Celui-ci est régulièrement en butte à des attaques dans les zones frontalières avec la Libye.

Pointé du doigt pour la répression qu'il exerçait sous le régime de l'ex-président Ben Ali, l'appareil sécuritaire est en pleine restructuration depuis sa prise en main par l'actuel ministre de l'Intérieur Ali Laârayedh, un ancien prisonnier islamiste qui a longtemps souffert des geôles et de la torture à l'instar de nombre de dirigeants d'Ennahdha actuellement au pouvoir.

Son défi est de réussir la difficile équation entre maintien de l'ordre et respect des libertés et des droits de l'Homme. En dépit d'une amélioration notable de la situation sécuritaire, des troubles continuent de persister du fait tantôt de criminels, tantôt de revendications sociales de populations démunies ou encore de groupes salafistes minoritaires mais néanmoins sporadiquement actifs. AP

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