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10 000 personnes défilent à Moscou pour défendre le droit au rassemblement

13/05/2012 12:09 EDT | Actualisé 13/07/2012 05:12 EDT
MOSCOU - De célèbres écrivains russes ont pris la tête d'un cortège de plus de 10 000 personnes qui ont défilé dimanche dans Moscou sans avoir obtenu l'autorisation requise. La police, qui avait interpellé plusieurs centaines de protestataires pendant l'investiture de Vladimir Poutine en début de semaine, n'est cette fois pas intervenue.

Les participants ont marché sans slogans ni banderoles, une façon de contourner la loi, même si l'événement s'inscrivait clairement dans le cadre des manifestations contre le président Vladimir Poutine. Les écrivains russes dans le cortège expliquaient que cette "balade" dans Moscou était destinée à défendre le droit de rassemblement dans la rue, sans l'autorisation des autorités.

Ce défilé est le dernier d'une série de manifestations improvisées à Moscou depuis l'investiture lundi de Vladimir Poutine, qui a entamé son troisième mandat de président, après une parenthèse de quatre ans comme Premier ministre.

L'écrivaine Ludmila Oulitskaïa, dont les livres sont traduits dans le monde entier, s'est félicitée dimanche de la retenue des autorités moscovites. "C'est un jour important pour cette ville", a-t-elle déclaré. "Le gouvernement de Moscou se montre raisonnable pour la première fois. Il a réalisé que ce mouvement de protestation ce ne sont pas des gens qui cassent les vitrines et jettent des cocktails Molotov".

Lors de l'investiture, la police avait interpellé plusieurs centaines de personnes qui tentaient de s'approcher de l'escorte de Vladimir Poutine, dont certaines ne faisaient que porter le ruban blanc, symbole du mouvement de protestation de l'opposition en Russie après les législatives contestées de décembre dernier.

Depuis l'investiture, des militants anti-Poutine ont organisé des "flash mobs" dans Moscou, des rassemblements surprise dans des lieux publics où ils campent pour la nuit. Beaucoup d'entre eux ont été arrêtés pour avoir participé à des rassemblements non autorisés.

L'auteur de romans policiers à succès Grigori Tchkhartichvili, plus connu sous son nom de plume, Boris Akounine, a expliqué avant la marche de dimanche que ses confrères et lui souhaitaient vérifier s'il était vraiment possible de se faire arrêter simplement "parce qu'on porte un ruban blanc". Il s'agit, a-t-il dit, "de montrer que nous n'avons pas apprécié la façon dont les autorités nous ont traités lors des premiers jours du mandat président de Poutine".

"Si c'est ça le visage du nouveau Poutine qu'on nous a promis, on n'en veut pas. Soit il change, soit on reste dans les rues", a-t-il résumé.

Les organisateurs, comme Akounine, Oulitskaïa ou l'auteur de livres pour enfants Edouard Ouspenski et le poète satiriste Dimitri Bikov, ont été rapidement assaillis par des admirateurs demandant des autographes.

Partis du monument à la mémoire d'Alexandre Pouchkine, les manifestants ont parcouru environ deux kilomètres le long de grands boulevards de la capitale, pour gagner un autre monument honorant un écrivain russe du XIXème siècle le dramaturge Alexandre Griboïedov.

L'attitude bienveillante des policiers contrastait avec les manifestations précédant l'investiture, qui avaient été marquées par des violences entre protestataires et forces de l'ordre.

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