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Des Sud-Soudanais bloqués au Soudan commencent à regagner leur pays (OIM)

12/05/2012 09:34 EDT | Actualisé 12/07/2012 05:12 EDT

Un premier groupe de Sud-Soudanais bloqués dans des campements de fortune au Soudan a entamé samedi le voyage qui doit les ramener dans leur pays après des semaines de tensions entre les deux Etats, a annoncé l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Vers 16H00 (13H00 GMT), environ 400 personnes sont parties en bus du port de Kosti, dans l'Etat soudanais du Nil Blanc (sud-est), en direction de Khartoum, où elles doivent prendre un vol dimanche à l'aube pour Juba, la capitale du Soudan du Sud, a indiqué à l'AFP Jill Helke, la patronne de l'OIM au Soudan.

"Elles se déplacent dans un convoi" escorté par des agents de sécurité locaux, a-t-elle indiqué à l'AFP.

L'OIM estime que 12.000 à 15.000 Sud-Soudanais sont bloqués à Kosti depuis la partition du Soudan en juillet 2011.

Les autorités locales avaient estimé que ces migrants constituaient une menace pour la sécurité de la région et leur avait donné jusqu'au 5 mai pour quitter les lieux, suscitant l'inquiétude de l'ONU et de l'OIM.

Les autorités ont ensuite repoussé l'ultimatum au 20 mai avant de demander à l'OIM de ne pas en tenir compte étant donné l'avancement des plans d'évacuation par avion.

Si l'ultimatum était toutefois appliqué, "cela deviendrait une expulsion et nous n'y participerons pas", a averti Mme Helke.

L'avion qui doit partir dimanche matin vers Juba doit revenir dans l'après-midi à Khartoum pour emmener un nouveau groupe de réfugiés, selon une procédure appelée à se répéter quotidiennement.

L'évacuation aérienne -- qui se fera sous étroite surveillance, les autorités soudanaises craignant que des Sud-Soudanais de Khartoum tentent de monter à bord des avions -- pourrait prendre deux semaines, selon Mme Helke, qui dit ignorer combien de réfugiés y prendront part.

"Il n'y a pas eu d'afflux massif" de candidats, a-t-elle indiqué, ajoutant que certains réfugiés se rendraient au Soudan du Sud par leurs propres moyens et que d'autres pourraient se montrer intéressés une fois que les premiers convois seront partis.

Mme Helke a par ailleurs assuré que l'OIM ne pouvait actuellement financer que la moitié des évacuations aériennes et a lancé un appel aux donateurs qui constituent la seule source de financement de l'organisation.

L'OIM a déjà assuré le retour de quelque 23.000 Sud-Soudanais depuis l'an dernier.

L'ambassade sud-soudanaise estime que quelque 350.000 Sud-Soudanais étaient encore présents au Soudan après le 8 avril, date-limite donnée par Khartoum pour régulariser leur situation ou quitter le territoire. Des centaines de milliers d'autres ont déjà rejoint le Sud depuis la partition du pays.

Les tensions n'ont cessé de s'intensifier depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011 en raison de différends jamais réglés, parmi lesquels la délimitation de la frontière commune, le partage des revenus pétroliers et le statut de zones contestées, comme celle d'Abyei.

it/jt/cco

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