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Afghanistan: les États-Unis et le Pakistan tentent de réparer les pots cassés

12/05/2012 10:18 EDT | Actualisé 12/07/2012 05:12 EDT
ISLAMABAD - Le plus important commandant américain en Afghanistan a rencontré samedi le chef des armées pakistanaises en vue d'améliorer la coordination aux frontières, près de six mois après que des frappes aériennes des États-Unis eurent accidentellement tué 24 soldats pakistanais le long de la frontière.

Islamabad a riposté aux décès en novembre en fermant les points de passage frontaliers aux convois de ravitaillement destinés aux troupes de l'OTAN en Afghanistan.

La frontière est demeurée fermée malgré les pressions américaines pour faire rouvrir les lignes de ravitaillement, longtemps le seul moyen pour nourrir et équiper les forces coalisées coincées en Afghanistan, un pays qui n'a pas d'accès à la mer.

Le parlement pakistanais a demandé que Washington s'excuse pour l'attaque de l'an dernier et cesse les attaques de drones ciblant les militants se trouvant dans la région tribale voisine de l'Afghanistan.

Bien que les législateurs pakistanais n'ont pas explicitement établi de lien entre ces questions et la réouverture des lignes de ravitaillement, ces dossiers ont compliqué les discussions.

Les États-Unis ont exprimé leur condoléances pour la mort de soldats pakistanais survenus à deux postes frontaliers afghans, mais n'ont pas offert d'excuses officielles, sans doute en raison de ce que cela implique sur le plan de la politique intérieure américaine.

L'administration Obama pourrait craindre des critiques de la part de membres du Congrès et du candidat à l'investiture républicaine Mitt Romney, en raison de la colère envers le Pakistan pour avoir censément protégé des militants attaquant les troupes américaines en Afghanistan.

En privé, des responsables américains ont indiqué qu'ils n'avaient aucune intention de mettre fin aux frappes de drones de la CIA au Pakistan, et plusieurs attaques ont eu lieu depuis que le parlement pakistanais a demandé qu'elles cessent.

Les attaques aériennes sont très impopulaires au Pakistan, où de nombreuses personnes croient qu'elles tuent principalement des civils, des allégations remises en question par les États-Unis et des études indépendantes.

La question est rendue encore plus complexe par le fait que le Pakistan est fortement soupçonné d'avoir appuyé de telles frappes dans le passé, bien que la coopération entre les deux nations ait été mise à mal alors que les relations se sont détériorées entre Washington et Islamabad.

Malgré les désaccords entre les deux pays, les discussions de samedi entre le général américain John Allen et le général pakistanais Ashfaq Parvez Kayani indique une certaine progression dans la relation. La rencontre, annoncée par l'armée pakistanaise dans un communiqué, fait suite à plusieurs autres discussions entre de hauts responsables américains et pakistanais au cours des dernières semaines.

Il y a des pressions des deux côtés pour résoudre l'impasse à propos des lignes de ravitaillement de l'OTAN. Les États-Unis ont dû dépenser passablement plus d'argent au cours des derniers mois pour envoyer des fournitures via la route plus onéreuse passant par l'Asie centrale.

La route traversant le Pakistan deviendra encore plus importante au fur et à mesure que les États-Unis commenceront à rapatrier de l'équipement tandis qu'ils retirent la majeure partie de leurs troupes d'Afghanistan d'ici la fin de 2014.

Islamabad est également impatiente à l'idée de toucher plus d'un milliard $ US en aide militaire américaine qui a été gelé pendant l'an dernier, une somme qui serait certainement disponible si les lignes de ravitaillement étaient rouvertes. Un autre incitatif pourrait être une invitation au sommet de l'OTAN, qui aura lieu à Chicago les 20 et 21 mai, et qui concernera principalement la guerre en Afghanistan.

Deux rencontres importantes doivent avoir lieu au Pakistan, cette semaine, pour discuter de la réouverture des lignes de ravitaillement.

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