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Norvège: le frère d'une victime lance sa chaussure sur Anders Breivik

11/05/2012 07:44 EDT | Actualisé 11/07/2012 05:12 EDT

OSLO - Le procès d'Anders Behring Breivik a été brièvement interrompu, vendredi, par le frère de l'une des 77 victimes de l'attentat d'Oslo et de la tuerie d'Utoya, qui a jeté sa chaussure en direction de l'accusé en hurlant «Va en enfer!» et «Assassin!». Des gardes ont escorté l'homme, un Irakien, hors de la salle d'audience.

Hayder Mustafa Qasim, âgé de 20 ans, a quitté Bagdad pour venir à Oslo cette semaine pour assister au procès, a confié son avocat, Kari Nessa Nordtun, à l'Associated Press. Son frère Karar Mustafa Qasim, 19 ans, qui était demandeur d'asile en Norvège, fait partie des victimes d'Anders Behring Breivik dans l'île d'Utoya.

«J'ai enlevé ma chaussure, je me suis levé (...) et je l'ai lancée», a confié Hayder Mustafa Qasim au journal norvégien «Aftenposten». «Il était seul en Norvège, sans famille. Le tueur lui a pris sa vie. Et il a ruiné ma vie et celle de ma famille», a-t-il affirmé.

Hayder Mustafa Qasim a manqué sa cible et n'a pas réussi à atteindre Breivik. La chaussure a cependant touché une avocate de la défense, qui n'a pas été blessée.

«Certains spectateurs étaient embarrassés. Certains se sont mis à pleurer. Beaucoup ont applaudi», a rapporté le journaliste suédois Björn Lindahl, qui suit le procès dans le centre de presse.

Il s'agit du premier incident à survenir depuis le début du procès, à la mi-avril. Anders Behring Breivik, un extrémiste norvégien âgé de 33 ans, a avoué être le meurtrier des 77 personnes tuées le 22 juillet dans un attentat dans la capitale et lors du massacre par balles dans l'île d'Utoya.

Après une suspension de dix minutes, Breivik a pris la parole. «Si quelqu'un veut me lancer quelque chose, que ce soit quand j'entre ou quand je sors, merci», a-t-il dit, selon la journaliste suédoise Mikaela Akerman, qui se trouvait dans la salle.

Lancer des chaussures pour insulter quelqu'un est une forme de protestation depuis longtemps dans de nombreux pays, mais cette pratique a suscité une attention particulière quand un Irakien a jeté ses chaussures sur George W. Bush, qui était alors président des États-Unis, lors d'une conférence de presse télévisée à Bagdad en 2008.

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