La grève se poursuit au Collège de Maisonneuve et rejet de l'entente par la FECQ et la FEUQ

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Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. (CP)
Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. (CP)

Les étudiants du Collège de Maisonneuve se sont majoritairement exprimés pour une poursuite de la grève, vendredi, alors que la direction du cégep venait de demander une dérogation au ministère de l'Éducation pour repousser la fin de l'actuelle session d'hiver au 6 juillet prochain.

Sur 1600 étudiants présents à l'assemblée générale pour ce vote, 1035 ont appuyé la poursuite de la grève, tandis que 540 voulaient y mettre fin. Il y a eu moins d'une quinzaine d'abstentions lors de ce vote à main levée.

Les étudiants présents ont aussi rejeté l'entente de principe conclue samedi dernier entre Québec et les leaders des grandes associations étudiantes.

Deux étudiantes opposées à la pouruiste de la grève rencontrées par Radio-Canada ont raconté que leur passage à l'université, à Sherbrooke pour l'une d'entre elles, serait compliqué par cette décision.

Plus tôt, le Collège de Maisonneuve avait présenté un scénario de prolongation de la session d'hiver conditionnel à un retour en classe lundi prochain. Le cégep demandait une dérogation au Règlement sur le régime des études collégiales afin de pouvoir terminer la session le 6 juillet, et la réponse du ministère n'était pas connue pour le moment.

Les quelque 6100 étudiants du Collège de Maisonneuve sont en grève depuis le 21 février.

Des heures de cours moins longues

Le nouveau calendrier proposé à Maisonneuve modifiait quelque peu l'approche privilégiée jusqu'ici. Il comprend des heures de cours moins longues, et deux samedis de classe en moins.

Le Règlement sur le régime des études collégiales prévoit que les sessions d'études collégiales se terminent le 30 juin, mais la direction se disait confiante d'obtenir la dérogation du ministère.

Le collège devait ensuite obtenir l'accord des professeurs et négocier le report de fin de session au niveau national. Jean Trudelle, président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), avait précisé qu'il faudrait attendre les recommandations des syndicats pour savoir si un tel scénario aurait des répercussions sur la session d'automne.

Un autre scénario, portant sur la reprise des cours à l'automne, a aussi été évoqué lors des discussions.

Rejet massif de l'entente de principe

Les étudiants du Collège de Maisonneuve sont affiliés à la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui s'est officiellement prononcée contre l'entente de principe.

La Fédération étudiante collégiale (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) du Québec ont également annoncé vendredi qu'elles rejetaient formellement cette entente.

Depuis le début de la semaine, 102 associations représentant 261 000 étudiants ont rejeté l'entente de principe. Seules 3 associations représentant 5000 étudiants l'ont approuvée.

Une entente qui ne passe pas

L'entente maintient la hausse des droits de scolarité, mais la répartit sur sept ans plutôt que cinq. Elle prévoit que des économies réalisées dans le budget des universités serviront à baisser les frais afférents.

Ces éventuelles économies doivent cependant être approuvées par un comité sur la gestion des universités, au sein duquel les étudiants sont minoritaires.

Les étudiants qui dénoncent l'entente en ont particulièrement contre le fait que la hausse des droits de scolarité est maintenue, et que les éventuelles économies trouvées par le comité ne pourront réduire que les frais afférents, et non pas les droits de scolarité.

Plus de 165 000 cégépiens et universitaires du Québec débraient pour contester la hausse des droits de scolarité à l'université décrétée par le gouvernement Charest. Certains débraient depuis la mi-février.