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Golfe: l'idée d'une union à l'examen au sommet du CCG à Ryad

11/05/2012 05:59 EDT | Actualisé 11/07/2012 05:12 EDT

L'idée d'une union entre l'Arabie saoudite et Bahreïn, dirigés par des dynasties sunnites en brouille avec l'Iran chiite, devrait être discutée lors d'un sommet régional lundi à Ryad, selon un haut responsable d'un pays membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Les dirigeants des six monarchies du CCG (Emirats, Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, le Qatar et Koweït) "vont évoquer à Ryad une forme d'union entre l'Arabie saoudite et Bahreïn", a déclaré à l'AFP le responsable qui, parlant sous couvert d'anonymat, s'est refusé à fournir des précisions sur le projet.

L'idée d'une union entre les membres du CCG, lancée en décembre par le roi Abdallah d'Arabie saoudite au sommet annuel du groupe, a été défendue récemment par son ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal.

"Les menaces de toutes sortes nécessitent une action sérieuse des pays du CCG pour passer de la phase de coopération à celle d'une unité acceptable pour tous", a affirmé fin avril le ministre.

"La question d'une union dans le Golfe est en gestation", a indiqué à l'AFP l'analyste émirati Abdel Khaleq Abdallah, ajoutant attendre du sommet consultatif du CCG lundi "une annonce au sujet de cette union, au moins à un niveau bilatéral".

Mais, a-t-il indiqué, "les six pays membres ne sont pas tous enthousiastes pour une union", alors qu'ils peinent à concrétiser leur intégration économique, envisagée depuis la création en 1981 du CCG, en pleine guerre irako-iranienne.

L'analyste saoudien Anwar Eshqi, président du Middle East Center for Strategic and Legal Studies, basé à Jeddah, explique l'engouement des dirigeants saoudiens pour "une union ou une forme de fédération" entre les membres du CCG notamment par "les pressions de l'Iran", accusé par ces pays d'"ingérence" dans leurs affaires internes.

La tension entre l'Iran chiite et l'Arabie saoudite sunnite s'est transformée en crise politique depuis plus d'un an, après l'intervention en 2011 de l'armée saoudienne à Bahreïn pour défendre la dynastie sunnite face à un mouvement de révolte de la majorité chiite de ce pays, soutenu par l'Iran.

Cette crise s'est encore aggravée avec la répression du soulèvement en Syrie, dont le régime est un allié de Téhéran, l'influence grandissante de la république islamique en Irak après le retrait américain et la résurgence d'un conflit territorial entre l'Iran et les Emirats sur trois îles du Golfe.

"Une discussion est en cours sur une union entre l'Arabie saoudite et Bahreïn, et il est intéressant de savoir si cette union sera économique, politique ou militaire", a déclaré à l'AFP Salman Sheikh du Brookings Doha Center.

"Je me demande si cette union va résoudre les problèmes de Bahreïn", a-t-il encore dit, estimant que "les résultats du sommet consultatif du CCG donneront une indication sur les ambitions (régionales) de l'Arabie saoudite".

L'opposition chiite bahreïnie a déjà prévenu qu'un projet d'union ou de fédération avec l'Arabie saoudite devrait être soumise à un référendum à Bahreïn où les chiites sont majoritaires.

Mais Ryad met en avant le potentiel économique du groupe régional pour justifier une union.

Une telle union ferait du CCG un "bloc économique solide", ses six pays ayant en 2011 un PIB de 1.400 milliards de dollars, outre des réserves monétaires de 630 milliards USD et quelque 2.000 milliards USD d'avoirs à l'étranger, a expliqué le ministre saoudien des Affaires étrangères.

Selon lui, le volume des échanges extérieurs du CCG, qui exporte 15 millions de barils de brut par jour, a atteint 1.000 milliards USD contre 261 milliards en 2000.

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