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Des manifestants blessés à Bahreïn dans des affrontements avec la police

11/05/2012 03:45 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Plusieurs personnes ont été blessées à Bahreïn dans des affrontements avec les forces de sécurité lors de manifestations dans des villages chiites, ont rapporté vendredi des témoins.

Les policiers, armés de bombes lacrymogènes et de fusils à chevrotine, sont intervenus contre des centaines de manifestants, sortis dans la rue pour réclamer la libération d'opposants et militants emprisonnés, selon les témoins.

Plusieurs manifestants blessés dans les affrontements n'ont pas été évacués vers des hôpitaux publics, de peur d'être arrêtés par les autorités, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Les protestataires, dont certains étaient cagoulés et qui répondaient à un appel lancé sur internet par le mouvement radical des "Jeunes du 14 février", ont scandé des slogans hostiles au gouvernement.

"Par notre âme et notre sang, nous vengerons le martyr", "nous n'oublierons jamais les prisonniers" ou "à bas Hamad", le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, ont scandé les manifestants, qui ont notamment brandi des portraits de Nabil Rajab, un militant des droits de l'Homme, arrêté samedi pour avoir insulté le gouvernement sur Twitter.

Vendredi après-midi, des centaines de partisans de l'opposition ont manifesté à Karzakan, un village chiite au sud-ouest de Manama, avant de se disperser dans le calme, ont indiqué des témoins.

"Le peuple a choisi la démocratie et ne cèdera pas", pouvait-on lire sur une banderole qui ouvrait la manifestation, au cours de laquelle la foule, qui arborait le drapeau national, a appelé à la libération des opposants.

La tension reste vive à Bahreïn après la répression en mars 2011 d'un mois de protestations anti-gouvernementales animées par des chiites, majoritaires dans ce pays dirigé par une dynastie sunnite.

Ce mouvement, qui réclame une véritable monarchie constitutionnelle avec un Premier ministre issu de la majorité parlementaire, a repris ces derniers mois avec des affrontements sporadiques entre police et manifestants.

En novembre, une commission d'enquête indépendante avait dénoncé un "usage excessif et injustifié de la force" et fait état de 35 morts durant la répression, dont cinq sous la torture. Amnesty International estime pour sa part que 60 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement.

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