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Areva condamné en France: les employés nigériens doivent être dédommagés (ONG)

11/05/2012 02:08 EDT | Actualisé 11/07/2012 05:12 EDT

Les employés nigériens d'Areva doivent aussi être dédommagés, a estimé vendredi une ONG nigérienne après que la justice française a condamné le groupe nucléaire français pour la mort par cancer du poumon d'un ex-salarié d'une mine d'uranium.

La justice française a ordonné le versement de dommages et intérêts à hauteur de 200.000 euros par la Sécurité sociale après la mort de Serge Venel, décédé à 59 ans d'un cancer du poumon en 2009. Il avait travaillé de 1978 à 1985 pour une filiale d'Areva, la Cominak, société de droit nigérien qui exploite des mines d'uranium du groupe à Akokan (nord-ouest du Niger).

"Les 200.000 euros sont un montant très dérisoire pour quelqu'un qui a donné sa vie pour cette société", a affirmé à l'AFP Ali Idrissa, coordonnateur du Réseau des organisations pour la transparence et l'analyse budgétaire (Rotab).

"Nous pensons que ce type de dédommagement doit être élargi à tous les employés d'Areva, y compris les non-Français, notamment les Nigériens qui meurent à petit feu à cause de la radiation", a cependant ajouté ce membre de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) qui regroupe des ONG, des compagnies minières et le gouvernement nigérien.

"Areva doit cesser de se faire du profit sur les cadavres de ses employés et des populations locales", a-t-il accusé.

"Nous avons déjà avec (l'ONG) Greenpeace établi de façon formelle depuis des années que l'eau et l'environnement dans les zones d'exploitation d'uranium sont irradiés", a-t-il assuré, appelant "les autorités nigériennes à remettre en cause tous les contrats avec Areva".

Le géant nucléaire a déclaré "ne pas comprendre" la décision de la justice française, estimant que le lien entre la maladie et le passage dans la société n'était "pas démontré".

Présent depuis 40 ans au Niger, le groupe français y exploite deux gisements, situés à 1.200 km au nord de Niamey, le premier à ciel ouvert à Arlit et l'autre souterrain à Akokan. Il devrait en outre commencer l'exploitation de la mine géante d'Imouraren (nord), présentée comme "la deuxième du monde", en 2013-2014.

Le Niger est le sixième producteur mondial d'uranium.

bh/tmo/cpy

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