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Un double attentat suicide dévastateur frappe Damas, 55 morts et 372 blessés

10/05/2012 08:59 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Deux voitures piégées ont dévasté jeudi un quartier de Damas faisant 55 morts et 372 blessés, l'attentat le plus meurtrier en près de 14 mois de violences en Syrie.

Les attaques qui ont ravagé à une heure de pointe le matin le quartier de Qazzaz dans le sud de la capitale syrienne, a poussé le chef des observateurs de l'ONU à lancer un appel à l'aide pour faire cesser les violences qui ensanglantent le pays depuis le début en mars 2011 de la révolte populaire.

Elles sont survenues alors que les mises en garde internationales contre une guerre civile se font de plus en plus pressantes après les violations répétées du cessez-le-feu instauré le 12 avril, la communauté internationale restant pour le moment impuissante à résoudre la crise.

Comme à chaque attentat, régime et rébellion se sont accusés mutuellement de les avoir commises.

Selon le ministère de l'Intérieur, "55 personnes ont été tuées et 372 blessées dans les attentats suicide à la voiture piégée qui ont eu lieu à une minute d'intervalle", devant un immeuble abritant un siège de la Sécurité dont la façade a été détruite.

Le ministère a précisé que les voitures piégées contenaient "plus d'une tonne d'explosifs" et que les explosions avaient provoqué deux cratères d'un mètre et de 2,5 mètres de profondeur.

Elles ont eu lieu vers 08H00 locales (05H00 GMT), sur une voie rapide "au moment où les gens se rendaient à leur travail et les élèves à l'école", selon la télévision d'Etat.

A plus de 50 mètres alentour, les façades des bâtiments étaient toutes éventrées, les routes défoncées. Partout, un photographe de l'AFP a vu des voitures à la carrosserie fondue, des bus éventrés, des arbres abattus au bord de la route.

Les secouristes ont rempli quinze sacs en nylon avec des restes humains éparpillés et des Syriens erraient, hébétés par la vision des cadavres carbonisés. Au milieu des voitures encore fumantes, certains cherchaient leurs proches.

"On n'a jamais connu ça de notre vie!" s'est exclamé un homme.

"C'est ça la liberté que vous voulez? Des élèves allant à leurs écoles et des employés à leur travail sont morts", a lancé un autre, en allusion à la révolte qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression menée par le régime de Bachar al-Assad.

Le ministère de l'Intérieur s'est dit déterminé à "poursuivre ces criminels assassins" et à "extirper ces terroristes (...) de la société syrienne, et les punir", alors que Damas assimile la rébellion à du terrorisme.

Un membre du bureau exécutif du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a accusé le régime de mener ces attaques "pour dire aux observateurs de l'ONU qu'ils sont en danger et pour corroborer ses allégations selon lesquelles les groupes armés et Al-Qaïda agissent en Syrie".

"Malheureusement, la lenteur de la communauté internationale sur le dossier syrien donne plus de temps au régime pour commettre ces actes", selon lui.

Après s'être rendu sur le lieu des attentats, le chef des observateurs de l'ONU, le général Robert Mood, a appelé "tout le monde en Syrie et à l'extérieur à aider à stopper ces violences".

Mercredi, son convoi avait été attaqué à Deraa (sud), blessant 10 soldats de l'escorte syrienne.

Le régime et les rebelles, "doivent réaliser qu'il ne reste plus beaucoup de temps pour cesser les violences" et permettre un règlement politique, a réagi le patron de l'ONU Ban Ki-moon, après avoir affirmé que l'attaque contre la mission de l'ONU pourrait la remettre en cause.

L'émissaire international Kofi Annan jugeant "ces actes odieux inacceptables", a dit que "la violence doit cesser". "Toute action qui sert à (...) augmenter le niveau de violence ne peut être que contre-productive pour les intérêts de toutes les parties", a-t-il dit, selon son porte-parole.

La France a condamné "fermement" le double attentat en imputant au régime, qui a "choisi une répression aveugle et brutale", "toute la responsabilité" des violences dans le pays.

L'Union européenne a également condamné les attentats, estimant que le regain de violence en Syrie y rendait la mission Annan "d'autant plus difficile mais aussi d'autant plus importante".

Plusieurs attentats meurtriers ont frappé Damas depuis décembre 2011.

Ailleurs dans le pays, les troupes ont poursuivi leur répression, tuant trois civils dont un enfant dans plusieurs villes, selon l'OSDH.

Les violences ont fait près de 12.000 morts depuis mars 2011, en grande majorité des civils tués par les troupes gouvernementales, et plus de 800 morts depuis le 12 avril, selon l'OSDH.

Les violations du plan de M. Annan en application duquel une trêve avait été instaurée, ont fait redouter mardi à ce dernier "une guerre civile totale".

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