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La SQ estime que son opération lors de l'émeute à Victoriaville a été réussie

10/05/2012 01:04 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Sûreté du Québec (SQ) estime avoir réussi son opération policière lors de l'émeute survenue à Victoriaville vendredi dernier.

Le corps policier, dont le travail a fait l'objet de nombreuses critiques à l'issue de ces événements, a dressé un bilan préliminaire de l'opération, jeudi à Montréal.

«Cette émeute est sans doute la plus violente depuis les dix dernières années — et on peut remonter au Sommet des Amériques» en 2001, a déclaré le capitaine Jean Finet.

«Nous avons fait face à des casseurs, des casseurs professionnels, des gens habitués, des gens qui ont fait d'autres événements où ils ont justement tenté d'inciter et même ont incité d'autres gens à commettre des actes criminels», a-t-il ajouté.

«La Sûreté du Québec, elle, a dû utiliser la force nécessaire pour repousser et ramener l'ordre, elle a été obligée de le faire», a-t-il aussi affirmé.

Selon le capitaine Finet, la manifestation s'était déroulée de façon tout à fait pacifique dans l'après-midi, jusqu'à ce que des groupes de casseurs s'y mêlent. Interrogé sur les motifs et l'appartenance de ces casseurs, dont la présence est de plus en plus persistante dans les manifestations étudiantes, le porte-parole de la SQ s'est montré avare de commentaires, faisant référence à des groupes extrémistes, des anarchistes et au Black Block, sans toutefois donner de précisions.

«Contrairement à certains groupes criminalisés, ces casseurs sont un genre de nébuleuse. Il n'y a pas d'organisation très claire. Il y a des individus ciblés, nous connaissons certains individus qui en font partie», s'est-il contenté de dire.

Les policiers ont procédé à 110 arrestations le soir et le lendemain de l'émeute, mais plusieurs dizaines d'autres personnes sont activement recherchées et les photos de certaines d'entre elles ont été publiées sur le site Internet de la SQ.

L'arrivée en force des casseurs au sein de la manifestation a rapidement fait dégénérer la situation et il a fallu faire appel à l'escouade antiémeute lorsque les clôtures du périmètre ont été renversées vers 18h30, menaçant la sécurité des personnes qui se trouvaient dans le Centre des congrès de Victoriaville, où se déroulait le conseil général du Parti libéral du Québec.

La manifestation a alors été déclarée illégale mais il était clair que les experts du désordre public ne s'étaient pas rendus sur place pour faire acte de présence symbolique.

«À 21h03, il y avait toujours un noyau dur de casseurs, de bandits, qui continuaient à vouloir commettre des actes criminels malgré le fait qu'à plusieurs reprises cette manifestation avait été déclarée une émeute. Et c'est à 22h06 qu'il y a eu retour au calme», a relaté le capitaine Finet.

Selon la SQ, les analyses de rapports médicaux par des pathologistes ont permis d'établir avec certitude que deux des trois personnes blessées plus gravement ne peuvent avoir été blessées par les projectiles d'impact, ces fameuses balles de plastique utilisées par les policiers lors de la manifestation. La même certitude n'a pu être établie dans le cas du troisième blessé grave, mais les expertises ne peuvent pas écarter non plus la possibilité que la victime ait été atteinte par des projectiles de casseurs.

La Sûreté affirme cependant que les règles entourant l'utilisation des balles de plastique — aussi nommées projectiles d'impact — sont extrêmement strictes.

«En aucun temps nos policiers n'ont visé ou n'ont tiré en direction de parties vitales ou de la tête de quelque individu que ce soit, a expliqué le capitaine Finet. L'utilisation de cette arme est exclusivement à l'égard de gens dangereux qui représentent une menace à l'égard des policiers ou de citoyens. En aucun temps un policier ne va utiliser cette arme s'il n'est pas en mesure d'identifier le sujet dangereux et encore moins si sa vision est dérangée par les gaz. Nos policiers ne tirent pas à l'aveuglette, tout simplement.»

En tout, cinq policiers formés pour utiliser ces armes ont tiré 33 projectiles.

En contrepartie, d'innombrables projectiles, pierres, pavés, boules de billard, billes d'acier et autres ont été lancés par des casseurs, blessant de nombreux policiers et manifestants.

Cet environnement hostile explique par ailleurs le retard d'une ambulance à porter secours à une personne blessée.

«Les ambulanciers ont dû être protégés avant de pouvoir se rendre sur les lieux de l'événement parce que, justement, il pleuvait des projectiles de tous genres: des roches, des pavés, des billes d'acier, des briques», a raconté le policier, qui se trouvait sur place lors de l'émeute.

Le corps policier provincial demeure toutefois convaincu d'avoir accompli sa mission.

«Somme toute, lorsqu'on fait l'analyse de ce qui s'est passé, la ville de Victoriaville n'a pas été mise à sang et à feu, aucun dommage n'a été causé dans la ville, aucun citoyen de Victoriaville à l'extérieur de ce périmètre n'a été blessé. Somme toute, la circulation y a été retardée, mais sinon, le calme est demeuré dans le reste de la municipalité. En aucun temps la sécurité du Centre des congrès n'a été mise en péril», a conclu le capitaine Finet.

«Les policiers et les policières de la Sûreté du Québec qui étaient sur le théâtre de l'opération sont aussi des pères et des mères de famille, a-t-il rappelé. Il ne faudrait pas penser que ces gens-là espéraient vivre ce genre d'événement. Par contre, ils sont entraînés à le faire et ils l'ont bien fait.»

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