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La CLASSE rejette l'entente conclue le 5 mai avec le gouvernement

10/05/2012 04:36 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les délégués de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont rejeté massivement l'entente conclue la fin de semaine dernière avec le gouvernement, estimant qu'il ne s'agit que d'une tentative pour remettre le problème à plus tard.

Le mouvement de protestation étudiant contre la hausse des droits de scolarité est donc loin d'être terminé, alors que la CLASSE a encouragé à la poursuite des grèves et des moyens de pression, au terme d'un congrès tenu jeudi.

Les porte-parole de la CLASSE ont indiqué que les étudiants sondés en assemblées générales avaient exprimé leurs doutes quant à la possibilité de voir la facture des étudiants réellement diminuer à l'issue de l'examen, par un conseil provisoire, de la gestion financière des universités.

Ils ont aussi rejeté la composition même de ce conseil, puisque la représentation étudiante y aurait été minoritaire.

Mais selon la porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds, c'est l'attitude du gouvernement qui semble avoir rebuté le plus les étudiants.

«Ce que les étudiants et étudiantes ont senti avec cette offre-là, c'est que la ministre (de l'Éducation, Line Beauchamp) voulait seulement remettre les choses à plus tard, sans nécessairement régler le problème, a-t-elle expliqué. Qu'elle voulait, dans le fond, enlever la pression actuelle.»

La CLASSE a donc annoncé la tenue d'une nouvelle manifestation nationale, qui se tiendra à Montréal le 22 mai prochain. Elle se tiendra donc deux mois après la première grande manifestation nationale contre la hausse des droits de scolarité, qui avait réuni le 22 mars plusieurs dizaines de milliers de personnes, et un mois après la manifestation pour le Jour de la terre, le 22 avril dernier, alors qu'environ 200 000 personnes avaient pris la rue.

Le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a toutefois affirmé que la CLASSE se tenait prête à retourner à la table de négociations dès que possible, mais qu'elle souhaite que la prochaine ronde de discussions porte sur la hausse des droits de scolarité plutôt que sur les autres enjeux connexes, comme la gestion des universités.

«Il va falloir que ça soit un processus de négociations qui, enfin, adresse l'enjeu de la grève, c'est-à-dire la hausse des frais de scolarité. La ministre a assez tourné autour du pot», a-t-il dit.

Il a rappelé que les étudiants restent mobilisés même si les menaces d'annulation de sessions commencent à se faire de plus en plus fortes.

«Faut rappeler qu'il y a encore 165 000 personnes qui sont en grève au Québec. Une grève qui défit actuellement tous les pronostics, qui défit toutes les projections, celles du gouvernement, les nôtres également, a lancé M. Nadeau-Dubois. La mobilisation ne s'essouffle pas.»

Les deux autres regroupements étudiants, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), n'ont pas encore affiché leurs couleurs quant à l'entente.

Toutefois, elles ont réclamé, lundi, que celle-ci soit réécrite afin de clarifier certains points.

Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a indiqué jeudi qu'une forte tendance se dessine au sein des associations membres, puisque seulement deux d'entre elles ont voté en faveur de l'entente jusqu'à présent.

M. Bureau-Blouin a par ailleurs noté la faible participation étudiante à plusieurs assemblées générales tenues sur la question, alors qu'est votée la poursuite de la grève.

Pour sa part, la FEUQ devrait se prononcer vendredi après-midi, une fois que les associations membres auront toutes été consultées.

Pour l'instant toutefois, les étudiants ont rejeté en bloc l'entente, a glissé la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins. Toutefois, pas question de refuser l'entente sans proposer des solutions pour l'améliorer.

«Comme à notre habitude, on prend nos responsabilités et on va proposer aussi des façons de faire, au cours des prochains jours, pour dénouer la crise parce que selon nous et selon, aussi, la population, je pense que c'est un conflit qui s'étire», a déclaré Mme Desjardins.

La ministre Beauchamp a pour sa part fait savoir jeudi, par le biais de son attachée de presse Hélène Sauvageau, qu'elle «prend acte» du rejet de l'entente par la CLASSE, ajoutant toutefois qu'elle ne commentera pas davantage par respect pour les autres associations étudiantes qui ne se sont toujours pas prononcées.

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