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Fumigènes dans le métro: L'Assemblée nationale condamne à l'unanimité

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METRO MONTREAL
Myriam Lefebvre

QUÉBEC - L'Assemblée nationale a condamné à l'unanimité et sans réserve, jeudi, l'utilisation de bombes fumigènes dans le métro de Montréal, ayant eu pour effet de paralyser la circulation à l'heure de pointe dans la métropole.

Une motion en ce sens a été déposée par l'opposition officielle, en matinée, et adoptée rapidement, sans débat.

Le premier ministre Jean Charest n'était pas présent à l'Assemblée nationale, jeudi, car il prenait la parole au congrès de l'Union des municipalités, à Gatineau, en Outaouais.

Mais lors d'un bref point de presse, il a tout de même exprimé sa désapprobation des gestes commis à Montréal quelques heures plus tôt.

«Nous souhaitons qu'on trouve les coupables. Perturber la vie des gens pour des raisons qu'on ne connaît pas, ça n'a aucun sens. Il n'y a pas de raison de poser des gestes d'intimidation et de violence. Il n'y a aucune excuse pour ça, aucune», a-t-il tranché.

Pendant ce temps à Québec, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a qualifié «d'intolérable» et «d'injustifiable» l'action qui a entraîné la paralysie du métro.

Selon les premières informations obtenues, il s'agirait d'une «action concertée», et non d'un geste isolé, a indiqué le ministre, en point de presse.

Il a dit qu'une enquête serait menée sur ce geste «très grave».

Le ministre s'est bien gardé de laisser entendre que les auteurs du crime pourraient être des étudiants mécontents. «On ne peut pas faire de lien entre ce qui se passe chez les étudiants et ce qui est arrivé dans le métro de Montréal. On ne peut pas faire ce lien», a-t-il affirmé en Chambre.

L'heure est venue de trouver les coupables, de rétablir le service à la population et de rassurer la population, a ajouté le ministre Dutil.

Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a dénoncé quant à lui le fait que ce type d'intervention entraînait des «inconvénients majeurs» pour «l'ensemble des contribuables».

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a reconnu que l'incident survenu dans le métro n'aiderait pas à régler la crise avec les étudiants qui perdure depuis trois mois.

Elle estime que des «groupuscules pas nécessairement reliés au mouvement étudiant» pourraient être à l'origine des gestes commis, cherchant à tirer profit de «créer un tel climat au Québec».

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), la plus militante des associations étudiantes, s'est d'ailleurs dissociée de ces événements, prenant soin de rappeler que le lien avec le mouvement étudiant est loin d'avoir été établi.

«Chaque fois qu'il y a des gestes de perturbation dans la ville de Montréal, on devrait cesser de se retourner vers le mouvement étudiant pour avoir ses commentaires. S'il y a une enquête à faire, c'est la police qui la fera, pas nous», a lancé le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

M. Nadeau-Dubois a aussi signalé que les membres de la CLASSE ont subi les contrecoups de ce geste comme tout le monde, puisque le congrès tenu jeudi par cette association a été retardé de plus d'une heure.

Khadir blâme la police

Après avoir réprouvé les gestes posés dans le métro, le député de Mercier, Amir Khadir, s'en est pris à la police à qui il reproche sa lenteur à mettre hors d'état de nuire les criminels. Les policiers savent depuis trois mois que des individus détiennent des grenades fumigènes, a-t-il fait valoir en point de presse.

«Qu'est-ce que fait la police? Peut-être qu'ils pourraient, au lieu d'aller casser de l'étudiant et de matraquer des étudiants, allouer une partie de leur énergie à essayer d'identifier ceux qui s'approvisionnent en fusils (sic) fumigènes. On pourrait y voir un peu plus clair», a lancé le coporte-parole de Québec solidaire.

Pour le leader de gauche, aucune hypothèse ne doit être exclue dans ce dossier, y compris la possibilité que des «agents provocateurs» de la police soient à l'origine de l'incident.

«C'est pour ça qu'on a besoin d'une enquête qui soit indépendante de la police pour qu'on élimine cette possibilité-là», a-t-il dit.

M. Khadir a aussi blâmé le gouvernement Charest qui, selon lui, a laissé pourrir par son intransigeance le conflit avec les étudiants.

«Il y a un seul moyen de mettre fin à tout ça, c'est que le gouvernement soit sincère, le gouvernement cherche à négocier, le gouvernement prenne ses responsabilités», a-t-il dit.

Mis au courant des propos du député Khadir, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a eu une réaction lapidaire.

Insinuer que les policiers ou le gouvernement sont de près ou de loin responsables de l'incident du métro est «abominable», a-t-il laissé tomber sans émettre d'autres commentaires.

Dans un communiqué diffusé en soirée, M. Khadir a d'ailleurs cherché à atténuer la portée de ses propos concernant la possible participation d'«agents provocateurs de la police».

«L'interprétation donnée à mes propos me porte à croire que j'ai probablement mal exprimé mon idée, a expliqué M. Khadir dans son communiqué. Je le répète, il n'y a aucune preuve, ni raison d'attribuer aux autorités policières la responsabilité des évènements condamnables survenus dans plusieurs stations de métro de Montréal ce matin.»

Un appel aux Montréalais

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a pour sa part lancé un appel aux Montréalais «pour qu'ils reprennent leur ville».

Lors d'un point de presse, le maire a affirmé que les villes ne devaient plus être «les cibles des affrontements». Sans pointer du doigt les étudiants, il a néanmoins affirmé que «plus on retarde, plus il sera difficile de réunir les conditions de succès» pour permettre un retour au dialogue entre le gouvernement et les associations étudiantes.

Gérald Tremblay a également souligné qu'aucune cause, aussi louable soit-elle, ne mérite de porter atteinte au sentiment de sécurité de la population ni porter atteinte à la paix sociale.

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