Faust, de Gounod, sera présenté à l'Opéra de Montréal du 19 au 26 mai

Le Huffington Post Québec  |  Par Publication: 10/05/2012 09:14 Mis à jour: 10/05/2012 10:06

Antoine Belanger
Faust, de Gounod, est à l'Opéra de Montréal.

«Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir!» Un petit air de déjà entendu? «L'Air des bijoux», popularisé par la Castafiore dans Tintin, est le morceau le plus connu de l'opéra Faust, de Gounod, qui sera présenté à l'Opéra de Montréal.

Inspiré de la légende de Méphisto et du roman de Goethe, le livret s'est construit autour d'un Faust aigri et vieillissant qui se fait offrir par le diable (Méphistophélès, joué par la basse Alexander Vinogradov) la possibilité de retrouver sa jeunesse en échange de son âme. Comme appât supplémentaire, le démon lui offre la chance de conquérir Marguerite (l'Américaine Mary Dunleavy). L'étoile montante Étienne Dupuis incarnera le frère de Marguerite, Valentin.

C'est un Faust au décor épuré qu'Alain Gauthier, le metteur en scène, a privilégié. Une façon pour lui de moderniser cet opéra et de laisser toute la place aux mots et à la musique. «Mon mot d'ordre était “less is more”. Il faut que ce soit les mots, les idées qui passent avant la magie et les feux d'artifice.»

Exit, donc, les décors réalistes traditionnels. D'immenses bibliothèques serviront de modules qui transformeront la scène sous les yeux des spectateurs, évoquant tour à tour le bureau de Faust, la rue, la prison, le jardin ou la chambre de Marguerite.

Faust sera exceptionnellement joué par deux ténors au lieu d'un, les père et fils Guy et Antoine Bélanger, respectivement le vieux et le jeune héros. Ainsi, les répliques ont été divisées entre les deux incarnations du Faust, le vieux restant sur scène et commentant les actes du jeune Faust impétueux. Une petite entorse a même été faite à l'opéra original par l'ajout d'un trio, alors que Méphistophélès chantera avec les deux Faust.

«On a créé deux duos, résume Antoine Bélanger. Le vieux va échanger avec le diable et commenter les situations. Tandis que mon jeune Faust interagit dans les duos d'amour avec Marguerite. Moi, je ne vois pas mon vieux, mais lui me voit. C'est comme si on projetait la pensée, la réflexion, dans le personnage du vieux Faust. Parce que c'est lui, dans le fond. Même si lui redevient jeune, sa sagesse, sa connaissance est encore là, ce n'est que son corps qui a changé.»

Charles Gounod a remporté un succès instantané avec cet opéra, joué pour la première fois sur scène en 1859. Il n'avait pas été monté à l'Opéra de Montréal depuis 1997. Il sera dirigé cette fois par maestro Emmanuel Plasson.

«J'aime croire que ce Faust-là est plus près des questionnements intérieurs du personnage, de l'angoisse de cet homme qui est vieillissant et ne trouve pas de réponses, de sens à la vie», conclut Alain Gauthier.

Faust sera présenté les 19, 22, 24 et 26 mai 2012 à 19h30. Avant chaque représentation, à 18h30, il est possible d'assister au Piano Nobile de la Place des Arts à une introduction de 30 minutes à cette oeuvre par le musicologue Pierre Vachon.

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