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Syrie: une bombe explose quelques secondes après le passage d'un convoi de l'ONU

09/05/2012 04:56 EDT | Actualisé 08/07/2012 05:12 EDT

DARAA, Syrie - Une bombe placée en bordure d'une route a explosé mercredi au passage d'un camion de l'armée syrienne, quelques secondes seulement après le passage d'un convoi de l'ONU qui transportait le chef de la mission d'observation.

L'attaque, qui a blessé 10 soldats selon le gouvernement syrien, met en évidence les limites du plan de sortie de crise international, qui consiste à déployer des observateurs non armés pour assurer le respect du cessez-le-feu entre les troupes gouvernementales et les rebelles qui veulent renverser le régime du président Bachar el-Assad.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné l'attaque et a estimé que la poursuite des violences en Syrie sapait le plan de paix, qui est «probablement la seule chance qui reste de stabiliser le pays et d'éviter une guerre civile».

L'attaque de mercredi s'est produite alors que le major-général norvégien Robert Mood, chef de la mission d'observation, circulait dans un véhicule clairement identifié aux couleurs de l'ONU. M. Mood avait quitté la capitale, Damas, et arrivait à Daraa, dans le sud du pays, où le soulèvement a commencé en mars 2011.

Un journaliste de l'Associated Press qui circulait dans le convoi de l'ONU a été témoin de l'attaque.

L'explosion est survenue vers 11 h 20, alors que le convoi venait de franchir un point de contrôle militaire. La déflagration a endommagé le pare-brise du camion de l'armée et a créé un grand nuage de fumée et de sable. Le camion militaire a accéléré dans la ville et plusieurs soldats blessés ont été conduits à l'hôpital. Les véhicules de l'ONU n'ont pas été touchés.

Devant les journalistes, le major-général Mood a affirmé qu'il ne savait pas qui était visé par la bombe.

«Pour moi, l'important n'est pas de spéculer au sujet de la cible, mais de mettre en évidence le fait que ce sont des choses que les Syriens vivent tous les jours et qui doivent cesser», a-t-il dit.

Personne n'a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Le régime attribue habituellement les attaques du genre à des «terroristes» qui veulent renverser le gouvernement.

Un chef rebelle en exil, le colonel Riad al-Assad, a prévenu que les groupes armés en Syrie reprendraient leurs attaques parce que le gouvernement ne respecte pas le cessez-le-feu, a rapporté mercredi un journal arabophone de Londres, «Asharq al-Awsat».

«Notre peuple exige que nous le défendions», a-t-il déclaré au journal.

Sur le terrain, des militants ont déclaré que les forces gouvernementales avaient tiré à l'artillerie lourde sur la maison d'un militant de Daraa peu après sa rencontre avec des observateurs de l'ONU mercredi, blessant 10 personnes.

«Chaque fois qu'ils viennent, il y a une attaque», a dit le militant Karam al-Hariri lors d'une entrevue téléphonique.

Un autre militant, Mohammed Abu Hawran, a affirmé que les observateurs étaient retournés à la maison du militant après l'attaque pour prendre des photos et s'enquérir de l'état des blessés.

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