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Syrie: dépréciation de 45% de la livre sur le marché parallèle (FMI)

09/05/2012 11:08 EDT | Actualisé 09/07/2012 05:12 EDT

La livre syrienne a connu une dépréciation de 45% face au dollar sur le marché parallèle et la Bourse a chuté de 40% depuis le début du conflit dans le pays, a affirmé mercredi la directrice générale adjointe du Fonds monétaire internationale (FMI).

"La livre a chuté de 45% sur le marché parallèle et de 25% sur le marché officiel", a indiqué Nemat Shafik à des journalistes à Beyrouth où elle se trouve pour une visite de trois jours.

Selon elle, l'économie syrienne a certainement souffert de la crise dans le pays, mais très peu de données et de chiffres sont disponibles, le FMI n'étant pas en mesure d'envoyer une équipe sur le terrain "pour des raisons de sécurité".

En outre le FMI n'est pas en contact avec les autorités syriennes, a-t-elle précisé.

"Nous savons que le PIB a chuté (...) qu'il y a eu des coûts économiques, mais nous ne disposons pas de chiffres car nous n'avons personne sur le terrain", a-t-elle dit, précisant que la dernière mission du FMI remontait à janvier-février 2011, soit un mois avant le déclenchement de la révolte.

Elle a également indiqué que la Bourse a chuté de 40%.

"Le fait que les actions ont chuté, c'est un indicateur important (de l'impact de la crise) sur les affaires, sur ce que les gens ressentent concernant les perspectives", explique la responsable.

Les pays voisins ont également été touchés, notamment l'Irak et le Liban, selon le FMI.

Le secteur bancaire libanais avait annoncé en janvier qu'il se soumettrait aux sanctions internationales prises contre la Syrie, qui incluent le gel des avoirs gouvernementaux, et la suspension de la coopération avec la Banque centrale syrienne et d'autres banques.

De fait, "nous avons constaté un déclin des échanges commerciaux, un déclin du tourisme en provenance de Syrie", a affirmé Mme Shafik.

De plus, "les banques libanaises se sont en partie retirées de la Syrie pour être moins exposées", rendant plus compliqué l'accès au crédit pour les Syriens, selon elle.

L'Irak, "particulièrement dépendant car une part importante des importations irakiennes proviennent de Syrie", a également subi un impact.

En outre, "la Syrie est le premier lien vers la Méditerrannée de l'Irak, dont les flux commerciaux vers la Syrie sont potentiellement interrompus", a-t-elle ajouté.

L'économie de la Syrie, un pays secoué par près de 14 mois de violences et frappé de sanctions, devrait connaître une contraction "significative" en 2012, avait indiqué début mai à l'AFP le directeur du FMI pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Masood Ahmed.

"L'impact des sanctions sur les exportations de brut syrien sera le plus immédiat", a déclaré Mme Shafik, soulignant que le pétrole est (...) une importante source de revenus pour le gouvernement" de Damas et sa première source de devises.

En septembre, l'UE a interdit l'importation de brut syrien, une sévère mesure à l'encontre de Damas, dont 95% des exportations pétrolières sont absorbées par l'UE et lui procurent le tiers de ses recettes en devises.

La Suisse aussi a appliqué la sanction en interdisant l'importation, l'achat et le transport de pétrole et de produits pétroliers syriens.

Selon les données du FMI, le taux de croissance du PIB en Syrie était de 3,4% en 2010, contre 5,9% en 2009.

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