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Libye: des investisseurs réclament 1,5 milliard de dollars à SNC-Lavalin

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Des investisseurs réclament 1,5 milliard de dollars à SNC-Lavalin. (PC)
Des investisseurs réclament 1,5 milliard de dollars à SNC-Lavalin. (PC)

MONTREAL, 9 mai 2012 (AFP) - Un cabinet d'avocats a annoncé mercredi avoir déposé une plainte contre le géant canadien de l'ingénierie SNC-Lavalin, au nom d'investisseurs qui lui réclament 1,5 milliard de dollars pour compenser des pertes causées par des opérations illicites en Libye.

Cette requête découle "de présumés paiements illégaux faits par SNC-Lavalin à des membres, des associés et des agents du régime Kadhafi pour obtenir des contrats de projets d'infrastructures en Libye", a indiqué le cabinet Rochon Genova dans un communiqué.
Le texte de la plainte a été déposé devant la Cour supérieure de l'Ontario au nom d'investisseurs de SNC-Lavalin vivant hors du Québec.
La requête, dont l'AFP a obtenu une copie, affirme que SNC-Lavalin, "par ses relations et ses paiements (...) à des agents du régime Kadhafi, a obtenu des contrats significatifs en Libye", dont trois totalisant 1,3 milliard de dollars pour la construction d'un aqueduc géant, d'une prison et du nouvel aéroport de Benghazi.

La plainte reproche à SNC-Lavalin et ses dirigeants d'avoir enfreint les lois sur les valeurs mobilières en se présentant à tort comme une société responsable publiant des informations financières véridiques et précises.
Le tribunal ne s'est pas encore prononcé sur ces allégations.

Cette poursuite s'ajoute à un autre recours en justice de 250 millions de dollars, intenté par des investisseurs québécois.
L'action de SNC-Lavalin a perdu 20% fin février, soit plus de 1,5 milliard de dollars de capitalisation boursière, après la révélation que SNC-Lavalin a versé 56 millions de dollars "à des agents étrangers".

Le PDG Pierre Duhaime, qui avait autorisé ces opérations, a dû quitter son poste.

M. Duhaime les avait approuvées à la demande de l'ancien chef des opérations de construction du groupe, le Canado-Tunisien Riadh Ben Aïssa. Ce dernier est écroué en Suisse sous des accusations "de corruption, d'escroquerie et de blanchiment liés à des affaires conclues en Afrique du Nord".

M. Ben Aïssa, proche d'un des fils du colonel Kadhafi, et un autre cadre, le vice-président aux Finances Stéphane Roy, avaient été congédiés en février.