Les partis se font la guerre en Chambre sur les solutions au conflit étudiant

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AMIR KHADIR
PC

QUÉBEC - Les partis se sont fait la guerre en Chambre mercredi sur les solutions au conflit étudiant.

La Coalition avenir Québec (CAQ) proposait une motion pour imposer un retour en classe lundi, que le Parti québécois (PQ) a refusé de débattre, tandis que la motion péquiste qui recommandait la reprise des négociations et le retour en classe a été accueillie dans la confusion et le chahut.

La présidence a interprété la réponse des libéraux comme un refus d'en débattre, mais le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a clairement indiqué qu'il refusait aussi le libellé péquiste. Or, la règle est claire à l'Assemblée nationale: une motion doit obtenir le consentement de tous les parlementaires pour être débattue.

La motion péquiste indiquait que «l'Assemblée nationale souhaite le retour en classe de tous les étudiants et demande au gouvernement de convoquer de nouveau les parties dès maintenant afin d'en arriver à une solution acceptable».

En proposant leur motion avant celle des caquistes, les péquistes soutiennent qu'ils ont notamment voulu «protéger François Legault de lui-même», en raison de ses méthodes d'«apprenti-sorcier». La première version de la motion caquiste stipulait que «tous les moyens nécessaires soient mis en place» pour un retour en classe, ce qui, aux yeux du leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard, équivalait à une déclaration de guerre.

Le PQ a donc voulu proposer rapidement une motion de compromis, mais le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, a prétexté qu'il n'avait pas pris connaissance du texte à l'avance, selon l'usage, et qu'il allait «écouter» la prochaine motion sur le même sujet, celle des caquistes. Le vice-président de la Chambre, le libéral François Ouimet, en a déduit qu'il n'y avait pas consentement, ce qui a fait bondir le leader de l'opposition, Stéphane Bédard.

«Je comprends que vous connaissez le leader du gouvernement, mais je ne le connais pas autant que vous, O.K.? a-t-il lancé à M. Ouimet. Donc, moi, il y a des choses que je ne peux pas comprendre dans la gestuelle. Et c'est pour ça que normalement les motions, on dit oui ou on dit non. Vous, vous avez déduit quelque chose. Et, moi... honnêtement, on n'est pas encore assez intimes, lui et moi.»

La présidence a maintenu sa décision et écarté la motion péquiste. La motion suivante, celle des caquistes, «que l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'assurer à tous les étudiants qui le désirent un retour en classe de façon sécuritaire, le plus rapidement possible», n'a pas obtenu le consentement du PQ.

Selon la CAQ, la chef péquiste Pauline Marois refuse ainsi de se prononcer sur le retour en classe. Dans un point de presse, le chef parlementaire de la CAQ, Gérard Deltell, a déclaré qu'il était déçu de la tournure des événements et que le Parlement a manqué une «belle occasion de faire un débat démocratique».

«Malheureusement, ce qu'on voit, c'est que tout le monde essaie de tirer la couverture de son bord, a-t-il dit. (...) Il n'y a personne qui a gagné, dans la façon dont la Chambre s'est comportée. Cela fait 13 semaines que le Québec perd avec cette crise étudiante.»

Pour sa part, Mme Marois a demandé au gouvernement s'il avait mandaté son négociateur pour reprendre les pourparlers. Le premier ministre Jean Charest a fait savoir que le mandat avait «toujours existé» et que le gouvernement «fait tout pour rester en lien avec les associations étudiantes».

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a quant à elle indiqué que les contacts téléphoniques se poursuivaient avec les associations étudiantes.

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