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Fichier électoral: Alger répond aux "réserves" de la mission de l'UE

09/05/2012 06:24 EDT | Actualisé 09/07/2012 05:12 EDT

Les observateurs de l'Union européenne (UE) aux élections législatives en Algérie ne sont pas autorisés à accéder au fichier électoral national qui renferme des données "confidentielles", a indiqué un sous couvert d'anonymat un responsable du ministère algérien des Affaires étrangères.

Ce responsable, cité mercredi par le quotidien gouvernemental El-Moudjahid, répondait au chef de la mission d'observation de l'UE José Ignacio Salafranca qui avait estimé lundi "souhaitable de pouvoir consulter ces fichiers au niveau national".

"La mission d'observation européenne, comme les autres missions d'observation, (...) doit poursuivre sa tâche avec discernement, impartialité, objectivité et dans la discrétion loin de toute polémique ou surenchère qui peut porter préjudice à la crédibilité de sa mission", a averti cette source.

Environ 150 observateurs de l'UE sur un total de 500 émanant également de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) de l'Union africaine (UA), de l'ONU, la Ligue arabe et d'ONG américaines seront présents en Algérie à l'invitation du président Abdelaziz Bouteflika.

Le fichier national renferme, outre des données électorales, des informations "personnelles et confidentielles que la loi algérienne interdit de communiquer", a ajouté la même source au sein du ministère des Affaires étrangères.

Les observateurs de l'UE sont autorisés à accéder au fichier électoral de toutes les wilayas (départements) mais pas au fichier national, comme ils l'avaient demandé, a déclaré cette source. De plus, ils participeront à la consolidation des résultats dans les wilayas où la copie des procès-verbaux leur sera remise.

La décision de faire appel aux observateurs internationaux a été prise de manière souveraine et indépendante par les autorités algérienne qui n'en attendent aucun "chèque en blanc", a encore souligné le responsable.

Il répondait au chef de la mission européenne José Ignacio Salafranca, selon lequel sa mission ne signerait "pas un chèque en blanc" aux autorités algériennes.

Les accusations de fraudes sont récurrentes en Algérie depuis l'instauration du multipartisme en 1989.

Mardi, le président du Front de la justice et du développement (FJD), l'islamiste radical Abdallah Djaballah a accusé les autorités d'avoir "gonflé listes d'électeurs qui représentent 65% de la population alors qu'habituellement elles ne dépassent pas les 45%.

L'Algérie compte 21.664.345 électeurs pour une population de 37 millions d'habitants.

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